Samory Touré

Samory Touré, l’empereur du Wassoulou, 116 ans après

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Il y a 116 ans, le 2 juin 1900, s’éteignait à l’âge de 70 ans à Ndjolé, au Gabon, le fondateur de l’empire du Wassoulou, Samori Touré, grande figure de la résistance à la pénétration coloniale française en Afrique de l’Ouest.

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Touré avait été déporté sur l’île de Ndjolé après son arrestation le 29 septembre 1898, dans son camp de Guélémou. Samory Touré est né en 1830 à Miniambaladougou, sur le territoire de l’actuelle République de Guinée. Fils de marchands, il devient un chef politique dont l’empire, le Wassoulou, s’étendait en 1881, de la Guinée à la Côte d’Ivoire, en passant par le Mali, le Liberia et la Sierra Leone.

Il se proclame ‘’Faama’’ (chef en mandingue) de son empire et fit de Bissandougou la capitale de celui-ci. C’est en 1882 que se déroule le premier affrontement important entre une colonne française et une des armées de Samory, qui réussit à repousser les Français. En 1886, eut lieu la signature du traité de Kéniéba-Koura, aux termes duquel Samory Touré cédait la rive gauche du fleuve Niger à la France. La pièce de théâtre Une hyène à jeun de l’écrivain malien Massa Makan Diabaté (1938-1988) est inspirée de cet épisode.

Après la défaite de Babemba Traoré, roi de Sikasso (mai 1898), l’armée coloniale lance une offensive sur celle de Samory Touré. L’empereur du Wassoulou fut arrêté le 29 septembre 1898. Il sera exilé au Gabon où il décède le 2 juin 1900 d’une pneumonie.

Samory Touré a incarné les vertus que proclamait l’hymne du Wassoulou : « …Organiser, diriger et défendre le pays de ses pères ; Dire la vérité en tout lieu et en tout temps ; Etre impartial ; Protéger le faible et braver l’ennemi ; Exprimer courageusement ses pensées… ». Toutes choses que la jeunesse africaine, désorientée et en mal de références politiques fortes cherche.

« Ni’ibi bang a fi’ite » (Quand on refuse, on dit non), disait-il. A l’heure où la souveraineté de nos pays est mise à rude épreuve, il est bon de s’inspirer de la lutte de ce géant de notre histoire politique pour préserver notre dignité et réaliser le progrès de nos peuples.

Le Bembeya Jazz National, l’orchestre le plus célèbre de l’histoire de la musique guinéenne, a immortalisé son épopée dans un disque-culte intitulé Regard sur le passé, dont la réalisation et la production ont été conduites et supervisées par le président Sékou Touré (1922-1984) en personne.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 2 juin 2016

 

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