Laboratoire Agit’Art

Culture/Agenda : le programme de la rentrée

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Octobre est, au Sénégal, le mois de la rentrée. Scolaire d’abord, puis artistique et culturelle. Nous avons eu, au tout début, le 2 précisément, le vernissage de l’exposition Jàmbaar, au Musée de la Femme Henriette Bathily, à la Place du Souvenir. De nombreux artistes y participent avec le souci de sensibiliser et de participer à la lutte contre le cancer. A voir jusqu’au 14 novembre.

En face du musée de la femme, il y a une autre exposition, J’ai dû tout quitter, organisée par le Comité international de la Croix rouge pour illustrer une mise à contribution de l’art au service des personnes déplacées. Son commissariat est assuré par Aissatou Ndèye Aida Diop Elle se poursuit jusqu’au 23 novembre.

C’était encore timide jusqu’ici. Mais à partir de cette semaine, le public sentira vraiment que la rentrée est là avec plusieurs activités prévues, qui vont réunir et attirer du monde, du beau monde. Un petit agenda pour s’y retrouver…

**MARDI 29 OCTOBRE

— 18 heures : au Raw Material Company (Zone B, rue sans soleil), conférence inaugurale de la session 7 de la RAW Academy, livrée par le cinéaste français Eric Baudelaire. Ce premier acte donnera le ton d’une série de conférences publiques et de projections de films suivies de discussions… Cette session a pour thème Images pour notre temps.

**MERCREDI 30 OCTOBRE

— 9 heures : au Musée des Civilisations noires. Ouverture de la troisième édition des Ateliers de la pensée, forum organisé à l’initiative de Felwine Sarr et Achille Mbembé. Le programme des sessions est consultable ici : (https://legrenierdekibili.wordpress.com/…/ateliers-de-la-p…/) Il y a notamment « Traces », une interprétation au théâtre d’un texte de Felwine Sarr par le Burkinabè Etienne Minoungou (le 31 octobre à 19h30 au cinéma Empire de la Médina) et du théâtre musical avec la chanteuse malienne Rokia Traoré (le 1-er novembre à l’Institut français), pour un spectacle intitulé Dream Mandé Djata.

**MERCREDI 30 OCTOBRE

— De 10h à 19h30, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD II) : ouverture du colloque international sur « Les gauches révolutionnaires en Afrique subsaharienne dans les années 1960 et 1970 : une histoire politique et sociale à écrire… ». L’activité est prèvue sur trois jours. Pour plus d’infos: www.revleftafrica.org

**MERCREDI 30 OCTOBRE

— A 19h, au Centre culturel Blaise Senghor, vernissage de l’exposition « Initiation », fruit des ateliers de création du laboratoire Agit’Art sur le thème de la « restitution du patrimoine africain » et « première étape d’une série d’actions qui se poursuivront jusqu’en fin 2020. »

**JEUDI 31 OCTOBRE

– Ouverture à Saint-Louis de la dixième édition du Festival « Métissons », avec au programme de la musique (Orchestra Baobab, Spanish Fusion Band, Cheikh Lô, Yinka Esi Grave, Souleymane Faye, Rafa, Obree Daman, Layranks, Aede, Les Lianes), des expositions ainsi que des conférences. Le festival se déroulera jusqu’au 2 novembre. Lieux : Institut français, Hôtel La Résidence, Flamingo, Siki, Galaxie.

**VENDREDI 1er NOVEMBRE 

– A 20h, au Cinéma Empire à la Médina, projection d’Un film dramatique d’Eric Baudelaire, dans le cadre de la septième session de RAW Académie.

**LES 6, 8 et 13 NOVEMBRE

Le « Gingembre culturel » en trois actes, organisé par le magazine ‘’Continent Premier’’, du journaliste Gorgui Wade Ndoye. Les activités porteront sur le thème générique du vivre-ensemble

–Le 6 novembre à partir de 17h, à la Salle des Fêtes de Rufisque, « Gingembre littéraire » avec comme panélistes Aminata Sow Fall, Fatimata Diallo, Rahmatou Samb Seck et Mariama Ndoye

–Le 8 novembre, 15H, à l’Amphi B de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis sur le thème « Vivre-ensemble : culture et citoyenneté numérique » ;

–Le 13 novembre à 10h, à l’Institut africain de management (IAM), et à 16h à l’Artrium de l’Université Cheikh Anta Diop.

**DU 5 AU 20 NOVEMBRE

— Le Salon national des arts visuels, organisé sous l’égide du ministère de la Culture en prélude à la biennale de l’Art africain contemporain (Dak’Art, mai-juin 2020). Cette édition est axée sur le thème central « Arts et questions nationales : la place de l’artiste dans le Plan Sénégal Émergent (PSE) ». Il est prévu « une exposition principale dirigée par l’artiste Viyé Diba, assisté de Seyni Gadiaga, une exposition souvenir « Fatteliku » au Musée des Civilisations placée sous la direction de l’artiste Kalidou Kassé, en hommage aux disparus et enfin une exposition jeune création destinée aux jeunes artistes des 14 régions du pays au Centre culturel Blaise Senghor », indique le site du ministère.

Nous serons à ces activités, pour y récolter une moisson. Autant que possible, vous aurez droit à des ‘’’direct’’ à travers la chaîne du Grenier de Kibili  (https://www.youtube.com/channel/UCpjgFScbzkv2nyTCFVXXqFw) à laquelle vous pouvez déjà vous abonner.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 29 octobre 2019

Sénégal/Culture – Le laboratoire Agit’Art pour la réaffectation des espaces du Village des arts

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Dans une lettre adressée au ministre de la Culture, le laboratoire Agit’Art – mouvement de réflexion sur l’art et son rapport avec la vie sociale et politique du Sénégal – appelle à « des mesures urgentes d’inventaire et de restauration » du Village des arts et à « la réaffectation des espaces qui devront ainsi accueillir tous les arts incluant ainsi la peinture, la sculpture, la musique, les arts visuels, le théâtre, la danse. »

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Photo : Pape Alioune Dieng

« Monsieur le ministre de la Culture,

Il y a vingt ans maintenant, un collectif d’artistes plasticiens fut installé dans l’ancien campement chinois attenant le Stade Léopold Senghor. Pour rappel, les baraquements ont permis aux ouvriers chinois de bâtir ce bel édifice à destination du sport de notre pays. Une fois l’œuvre achevée, ils s’en allèrent, laissant sur place des ateliers en bois sur un terrain d’une superficie avoisinant quatre (4) hectares que le gouvernement de l’époque mit sous la tutelle du ministère de la Culture.

Bien après le groupe TËNK (articulation) sous la direction de l’artiste plasticien El Sy (El Hadj Moussa Babacar Sy, à l’occasion de la biennale des arts, y délocalisa un projet expérimental comme étant « le premier pôle de déconfiscation » de cette manifestation, inaugurant ainsi avec des artistes venus d’Afrique et du monde, l’ère des OFF de la biennale. A la fin de ce projet, la cinquantaine de baraquements fut attribuée pour une durée de deux (2) ans à certains artistes plasticiens de la communauté.

Depuis lors (20 ans), les mêmes attributaires y sont encore sans aucune évaluation de cette trajectoire, car hélas, entre temps, certains sont décédés pendant que d’autres qui jugeaient au début que cette expérience pouvait avoir un impact négatif sur la création, n’ont jamais rejoint. Il faut aussi retenir que quelques uns ont effectivement quitté les lieux au bout de deux ans.

Un inventaire des occupants actuels révèle que plus de 60% des résidents ne sont pas des attributaires originels ; certains sont des « héritiers » et les autres des squatteurs.

Cette expérience, Monsieur le ministre, a atteint ses limites objectives tant sur le plan artistique mais surtout s’agissant de la destination idéale dévolue à ce type d’espace : une résidence d’artistes limitée dans le temps et l’objet du projet d’art, plutôt que des artistes résidents qui, avec le temps, devient une injustice flagrante.

Le laboratoire Agit Art qui fut à l’origine (avec d’autres) du combat pour la renaissance en ces lieux, de l’ancien village des arts du camp Lat Dior démantelé par l’Etat du Sénégal le 27 septembre 1980, ne peut rester sourd face aux nombreuses interpellations des jeunes artistes (sortis de l’école des arts ou pas) à la recherche d’un espace d’expérimentation. Le manque de générosité des aînés les poussent à errer sans fin bien qu’étant pétris de qualité.

Et c’est pourquoi, nous en appelons à des mesures urgentes d’inventaire et de restauration mais surtout de la réaffectation des espaces qui devront ainsi accueillir tous les arts incluant ainsi la peinture, la sculpture, la musique, les arts visuels, le théâtre, la danse. Il s’y ajoute que quand l’Etat vous appuie pendant 20 ans sans payer ni loyer encore moins l’eau et l’électricité, et que vous êtes devenus des artistes confirmés et reconnus dans le monde, vous devez avoir la grandeur de laisser la place aux jeunes afin qu’ils puissent eux aussi bénéficier de cette assistance.

Agit Art, fidèle à son caractère d’espace de questionnement et de réarticulation des positions au bénéfice de toute la communauté, s’engage à porter ce combat de sauvegarde de ces lieux avec tous les jeunes artistes mais surtout tous les intellectuels et amateurs d’arts, au bénéfice exclusif de l’art et de la culture de notre pays.

Veuillez agréer, Monsieur le ministre, nos sentiments patriotiques.

Dakar, le 24 juin 2019

LE LABORATOIRE AGIT ART »