Fespaco

Journalisme/Nécrologie : Clément Tapsoba, référence critique

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En apprenant la triste nouvelle du décès, ce jeudi 23 avril 2020 à Ouagadougou, du journaliste et critique de cinéma Clément Tapsoba, je me suis revu en 2003 au Fespaco, dans l’une des salles de conférence de l’hôtel Indépendance, le suivant en train d’animer les débats-forum organisés au lendemain de chaque projection, pour discuter des films. Sa connaissance du cinéma, sa maîtrise de l’analyse filmique et son caractère posé le plaçaient naturellement à cette position.

Clémént Tapsoba

C’est de cette année que date le début de mon commerce avec Tapsoba, qui s’est, à mon égard, tout de suite mis dans sa belle posture du conseiller et formateur pour le journaliste qui couvrait son premier Fespaco. C’était, pour lui – il me le dira une dizaine d’années plus tard – un « devoir », parce que de jeunes journalistes s’intéressant à la critique cinématographique, il n’y en avait pas beaucoup à l’époque.

Il est resté le formateur à qui je ne manquais jamais de demander conseil et avis, même si lui considérait qu’il pouvait me laisser me forger mes opinions sur les films, le cinéma. Mes amis burkinabè pourront confirmer cette facette de sa personnalité. Mes séjours à Ouagadougou, pour le Fespaco ou pour d’autres activités culturelles, étaient ainsi ponctués d’échanges empreints de respect mutuel, de courtoisie et de cordialité.

Clément Tapsoba est un ancien pensionnaire du Centre d’études des sciences et techniques de l’information – Cesti (9ème promotion, 1981, la même que celle des Sénégalais Cheikh Tidiane Ndiaye, ancien rédacteur en chef de l’Agence de Presse sénégalaise – APS, Mamadou Malaye Diop, de la Télévision nationale…).

Tapsoba était connu pour sa rigueur, son professionnalisme, sa générosité et un critique de cinéma pointu et disponible dans l’encadrement des plus jeunes. Il a été président de l’Association des critiques de cinéma burkinabé (Ascri-B).

Il a été rédacteur en chef du magazine panafricain de cinéma et de télévision Ecrans d’Afrique/African Screen, publié le Centre d’orientation éducative (COE) de Milan, et animé avec d’autres journalistes et critiques de différentes partie du continent.

Membre fondateur de la Fédération africaine de la critique cinématographique (FACC) – dont il a été président de sa création en octobre 2004 à Tunis à 2009, il avait été détaché au Fespaco dont il a été directeur de la communication puis conseiller spécial du délégué général. Il a contribué à la rédaction de nombreux ouvrages sur les cinémas et cinéastes d’Afrique.

Pour ma part, je perds un ami, une référence en matière de critique cinématographique. Je formule des prières pour le repos de son âme.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 23 avril 2020

Sénégal/Cinéma – Mahama Johnson Traoré, dix ans après

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Il y a deux clins d’œil du Destin dans le décès, le 8 mars 2010, du scénariste et réalisateur Mahama Johnson Traoré, dont le penchant intellectuel et artistique pour la cause des femmes était connue : il quitte la scène le jour-même où est célébrée la Journée internationale des droits des femmes ; à sa mort, il portait le projet d’un long métrage intitulé Nder ou les flammes de l’honneur d’après un scénario co-écrit avec l’Algérienne Mariem Hamidat, et pour lequel il avait bénéficié d’un soutien du ministère algérien de la Culture.

MJT

Le projet portait sur l’histoire des femmes de Nder, dans l’ancien royaume du Waalo, en mars 1820, qui avaient préféré s’immoler plutôt que d’être réduites en esclavage. « Cela concerne la résistance, le refus de la fatalité. Ces femmes ont préféré la mort à la honte », avait indiqué à l’APS Traoré, alors en phase de recherches documentaires. Son nom rimait avec rigueur dans le travail, franchise dans ses relations, engagement dans la défense et la promotion de la culture africaine, dans ses œuvres cinématographiques, ses prises de position et au sein de structures.

Né en 1942 à Dakar, Mahama Johnson Traoré a fait ses études au Conservatoire libre du cinéma français. Il a réalisé plusieurs longs métrages, des films sociaux et politiques dans lesquels il veut amener le public à prendre conscience des problèmes de développement du continent. Il est resté attaché à la tâche consistant à montrer les réalités sociales et politiques de son pays. Il fait partie de la deuxième génération de cinéastes sénégalais, celle qui a commencé à faire des films dans la seconde moitié des années 1960. Il y a, dans ce groupe, Moussa Yoro Bathily, Djibril Diop Mambety, Ben Diogaye Bèye, Samba Félix Ndiaye…

Traoré a réalisé, entre autres, Diankha-bi (1969, moyen métrage sur la situation de la femme au Sénégal – Grand prix du Festival de Dinar), L’Enfer des innocents (1969), Diègue-Bi (1970, mise en scène d’un haut fonctionnaire qui, pour conquérir le cœur d’une courtisane, n’hésite pas à détourner les fonds de l’Etat), L’Étudiant africain face aux mutations (1971), L’Exode rural (1971), Lambaye » (1972), Réou Takh (1972), Garga Mbossé (1974), Njangaan (1975), Sarax si (1983), Fann océan (1992), Cannes 97, 50-ème anniversaire (1997), Mambéty for ever (2008 – portrait du cinéaste Djibril Diop Mambéty à l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition).

Mahama Johnson Traoré est membre fondateur du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO). Lors de la 21-ème édition de cette manifestation (février-mars 2009), il avait été élevé, par le gouvernement burkinabé, au rang de Chevalier de l’Ordre des arts, des lettres et de la communication du Burkina Faso.

Consultant en cinéma, il avait été sollicité pour ce volet lors de la deuxième édition du Festival culturel panafricain d’Alger (PANAF, juillet 2009). A cette occasion, il a été membre du jury d’une commission d’aide à la coproduction qui a soutenu huit projets de film du continent, dont deux Sénégalais. Mahama Johnson Traoré a été, de 1975 à 1983, secrétaire général de la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI), directeur général de la Société nationale de production cinématographique du Sénégal (SNPC), de 1983 à 1985.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 8 mars 2020

S. Pierre Sakama Yaméogo (1955-2019) : libre apôtre du cinéma

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De son Koudougou natal, à une centaine de kilomètres de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, le cinéaste Pierre Yaméogo, décédé le 1-er avril 2019 à l’âge de 63 ans, a porté et gardé sa vie durant un engagement progressiste clair, une foi militante dans le cinéma comme moyen de défendre le droit, la liberté, de dénoncer les injustices sociales et politiques, et de faire évoluer les mentalités.  

Pierre Yaméogo

Yaméogo a traité de sujets sociaux et politiques avec un ton franc et une sincérité qui n’ont pas manqué, hélas, de lui faire coller par des détracteurs et partisans d’une certaine censure l’étiquette de ‘’rebelle’’. Insoumis, il a tenu, fidèle à une ligne : faire de ses œuvres cinématographiques le reflet d’une réalité vécue et le réceptacle de mots et de maux d’un peuple constamment grugé par l’indifférence et l’incompétence des élites.

« Je ne suis le porte-parole de personne. » Pierre Yaméogo a beau dire cela, il n’en est pas moins devenu et resté, au fil d’œuvres fortes – quoi que réalisées au forceps, parce que dénonçant des pratiques peu orthodoxes et très éloignées d’une demande extérieure de films parlant d’une Afrique ‘’calebasse’’ – et jusqu’aux derniers jours de sa vie un artiste en phase avec des aspirations de citoyens d’un pays, le Burkina Faso, dont il a été l’impertinent et généreux chroniqueur à travers drames sociaux, satires politiques et lectures clairvoyantes de réalités géopolitiques.

Le cinéma de Pierre Yaméogo est le fruit d’une colère juste, celle que lui inspiraient les péripéties de la marche d’un pays en quête de soi. Dite souvent avec l’humour qui le caractérisait dans ses rapports avec les autres, cette colère se voulait remède contre l’inertie des populations apathiques face à des pratiques féodales rétrogrades, et de dirigeants cyniques dans leur manie à rester sourds aux revendications du plus grand nombre. C’est entre le calme apparent du terroir et les turbulences de la ville que Saint-Pierre Yaméogo a fait voyager sa parole.

Né le 15 mai 1955 à Koudougou, le cinéaste se forme en France et aux Etats-Unis, après avoir fait ses premières armes à la télévision nationale de son pays. Il réalise Dunia en 1987, dans lequel il suit une adolescente qui étudie en ville, mais portant encore le poids de croyances et pratiques du village. La caméra de Pierre Yaméogo porte la subtilité avec laquelle il met en scène une critique de coutumes néfastes – confinant surtout les femmes à subir – que le progressiste qu’il est ne peut cautionner.

Laafi – Tout va bien (1990), son deuxième long métrage, est une plongée dans l’univers de bacheliers qui se battent pour intégrer l’université et poursuivre leurs études. Le sujet est un beau prétexte pour lui de mettre en lumière des pratiques de corruption encouragées par des autorités qui en tiraient le plus grand bénéfice, les magouilles administratives, la fuite des cerveaux… En vérité, tout ne va pas bien. Le propos du va-et-vient entre village et ville revient trois ans plus tard dans Wendemi, l’enfant du Bon Dieu. C’est de quête des origines qu’il s’agit pour le personnage principal du film, un adulte qui, à sa naissance, avait été abandonné par sa mère qui ne pouvait révéler la vérité à sa famille sur l’identité du père, un curé. Dès que le décor du film passe en ville, Pierre Yaméogo fait effectuer au spectateur un voyage dans un univers où

Quand il réalise Silmandé (Tourbillon), en 1998, le cinéaste affiche clairement la colère qu’il ne laissait entrevoir précédemment qu’avec allusions, fulgurances et métaphores très bien mises en scène : la réalité sociopolitique de son pays lui sert de ressort pour parler des tensions connues mais larvées entre la communauté libanaise de Ouagadougou, dont il dénonce ouvertement un contrôle de l’économie de pays africains anciennement colonies de la France, et les Burkinabè perdants d’un jeu d’intérêts aux relents mafieux. Yaméogo subit la censure avec ce film qui n’est pas sorti en Côte d’Ivoire. Mais il reste encore à ce jour l’un des plus gros succès du Box-office au Burkina Faso où le public s’est trouvé un porte-parole, même si, comme d’habitude, le réalisateur se défend de n’avoir transposé que la réalité à l’écran.

Avec cette conviction jamais trahie que le cinéma est une arme pour dénoncer certes mais pour conscientiser et faire évoluer les mentalités, il s’attaque, dans Delwende, « Lève-toi et marche », en mooré (2005), aux questions du viol et de l’inceste, sujets mis sous le boisseau au nom de la préservation de « l’honneur » de la famille.

Deux ans auparavant, c’était Moi et mon blanc, une comédie dramatique que Pierre Yaméogo tourne entre Paris et Ouagadougou. C’est l’histoire de Mamadi, un doctorant qui ne reçoit plus depuis quelques mois sa bourse. Obligé de trouver un travail de veilleur de nuit, sa vie bascule le jour où il découvre un paquet contenant de la drogue et de l’argent. Traqué, Mamadi se trouve obligé de rentrer au pays où l’attend sa confrontation avec un univers de réalités sociopolitiques éloignées de l’idéal auquel il croyait.

Son dernier film, Bayiri, la patrie (2011), S. Pierre Yaméogo a eu du mal à le réaliser, pour deux raisons : le sujet – la question foncière et l’exode de milliers de Burkinabè chassés de Côte d’Ivoire – et l’axe de traitement qu’il choisit – le renvoi dos-à-dos des responsables politiques ivoiriens promoteurs du concept nationaliste de « l’ivoirité » et les pouvoirs publics burkinabè qui n’ont pas pris l’exacte mesure de l’afflux massifs de réfugiés. Là aussi, la censure opère : le film sort en salles en 2011 mais il n’est pas retenu dans la sélection du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), provoquant la colère du cinéaste.

Les difficultés rencontrées tout au long du chemin et les frustrations occasionnées n’ont cependant jamais ôté à Yaméogo sa bonhomie, son ouverture et son sens de l’humour. A la dernière édition du Fespaco, marquant le cinquantenaire du festival, il a accueilli, comme à son habitude, ses amis, échangé avec eux, ignorant certainement qu’il faisait là ses adieux à des silhouettes auxquelles il manquera. Tout comme manqueront ses traits de caractère : son regard lucide, franc et plein d’humour sur une dure réalité quotidienne dont ses œuvres gardent et inscrivent les traces dans le temps.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 5 avril 2019

Fespaco 2013 – Alain Gomis, Etalon d’or : « On vient récompenser une histoire et une persévérance qui ne dépendent pas que de moi »

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Le réalisateur sénégalais, qui a remporté l’Etalon d’or de Yennenga de la 23-ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision, pour son film Tey – le premier pour son pays – estime que cette récompense est le fruit d’un travail collectif.

Aujourdhui_Alain_Gomis 

« Ce qu’on vient récompenser c’est une histoire, c’est persévérance qui ne dépendent pas que de moi. Ce qui me paraît important c’est surtout le regard qu’on va avoir sur les jeunes », a-t-il dit, au lendemain de la cérémonie de clôture du festival, ajoutant qu’il s’agit de construire à partir de ça (la distinction) et surtout pas de commencer à s’auto-féliciter.

« J’avais le sentiment que ce n’était pas moi, on était nombreux, que ce prix revenait à l’ensemble de ces personnes qui se battent le cinéma, que c’était l’aboutissement du travail sur plusieurs générations, sur plusieurs corps de métiers, a-t-il insisté. J’avais l’impression qu’on était nombreux. Je pensais au plaisir que beaucoup de gens avaient. J’ai l’impression que ce n’était pas à moi qu’on s’adressait, mais à tout le monde. Si c’est personnel et éphémère, ça ne sert à rien. »

« Dans ce cas, il faudra attendre encore deux ans, on fera encore la fête pendant deux jours et puis après ce sera terminé », a poursuivi le cinéaste, qui souhaite que ça ne change rien profondément en lui, même s’il ne sait pas si ça va faciliter les choses ou pas.

Pour lui, l’important c’est comment on transforme cette récompense, tout de suite, en quelque chose qui soit utile concrètement pour ceux qui sont en train de faire du cinéma maintenant, non pas pour célébrer un film, mais pour dire qu’il y a plusieurs types de films, pour ramener les gens à aller voir le cinéma dans les salles, à voir comment on amène les jeunes à être extrêmement exigeants et à travailler dur.

Alain Gomis a ajouté : « C’est juste pour une histoire de prix, pour soigner l’orgueil, ça ne sert à rien. C’est comment on transforme ça. Je tiens à garder les relations avec les gens, comment on peut s’entraider les uns et les autres. Moi, j’ai besoin qu’il y ait des cinéastes, jeunes et moins jeunes, qui fassent des films à succès. »

Selon lui, ce n’est pas un ou deux films par an qui peuvent permettre de construire une industrie cinématographique. Il en faut plusieurs et de genres très différents. Ça (l’Etalon d’Or) ne changera rien et ça changera tout j’espère. Insistant sur le fait que cette prestigieuse distinction n’est pas personnelle, il s’est touché par les réactions de joie notées au Sénégal après le palmarès du FESPACO 2013.

Il a dit à ce sujet : « On m’a dit que la télévision a été chez moi, dans ma rue. C’est important parce que c’est Grand-Dakar (quartier populaire de la capitale sénégalaise). On parle de Grand-Dakar autrement. Ça me touche énormément et c’est pour ça que je dis que ce n’est pas mon prix, c’est le prix de tout le monde. Que chacun puisse le prendre et avoir un peu de satisfaction et de bonheur, ça me rend terriblement heureux, a conclu le réalisateur, impatient d’aller à Dakar avec l’Etalon. »

Ouagadougou, le 5 mars 2013

Aboubacar Demba Cissokho

Fespaco 2019 : le programme officiel

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Le programme complet officiel de la 26-ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou prévue du 23 février au 2 mars : https://fespaco.bf/wp-content/uploads/2019/02/PROGRAMME-DE-PROJECTION-2019-VF-net.pdf?fbclid=IwAR2ZePtZIMk2ocMuOIftUViQxRfETkVtmzhLkz_cXzSwkkcGVOwWmRUIfls

Créé en 1969, le festival célèbre cette année son cinquantenaire.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 17 février 2019

 

Fespaco 2019 – Colloque en hommage à Idrissa Ouédraogo, « l’homme et ses œuvres »

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Un colloque international en hommage au cinéaste burkinabè Idrissa Ouédraogo (1954-2018) est prévu du 21 au 23 février à Ouagadougou, sous l’égide du Laboratoire Langues, Discours et Pratiques artistiques (LADIPA) de l’Université Ouaga 1 Professeur Joseph KI-ZERBO, annonce un communiqué que nous avons reçu ce vendredi.

Colloque Idrissa

Le texte souligne que « l’importante session scientifique qui lui est dédiée et dont la thématique porte sur ‘’L’homme et ses œuvres’’, se déroule à la veille de l’ouverture officielle de la 26ème édition du Festival Panafricain de Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO). »

« Ce colloque se veut une contribution de la communauté universitaire à la réflexion sur l’état et le devenir du cinéma africain, cinquante ans après la naissance du FESPACO qui en est la vitrine principale », précise la même source. Idrissa Ouédraogo est décédé lé 18 février 2018 à l’âge de 64 ans. Il est réalisateur et/ou producteur, entre 1981 et 2008, de dix longs métrages, d’une vingtaine de courts métrages, de trois séries télévisuelles.

Les participants au colloque plancheront sur différentes questions :

– Qu’est-ce que le cinéma pour Idrissa Ouédraogo ? (témoignages sur son engagement et sa pratique cinématographique…) ;

– Les films d’Idrissa Ouédraogo à l’épreuve des théories universitaires ;
– Les principes de création cinématographique chez Idrissa Ouédraogo ;

– Idrissa Ouédraogo et le devenir du cinéma en Afrique au Sud du Sahara.

« Le parcours d’Idrissa Ouédraogo révèle que pendant qu’il était encore étudiant à l’Institut africain d’Éducation cinématographique de l’université de Ouagadougou (INAFEC), il représentait déjà un espoir sur le continent. De son film d’école Poko à Tilaï et bien d’autres, le « maestro » marquera de son talent la production cinématographique africaine. , indique le document de présentation de la rencontre.

Le communiqué ajoute : « La rencontre de Ouagadougou donne ainsi l’occasion à la communauté scientifique internationale, aux acteurs du cinéma et de l’audiovisuel de faire du riche héritage d’Idrissa Ouédraogo, l’objet d’une réflexion plus approfondie qui puisse mettre en exergue la poétique cinématographique de l’une des icônes du cinéma africain. »

« L’objectif visé est d’aboutir à la publication d’une monographie suffisamment holistique pour comprendre la nature et les enjeux de son œuvre cinématographique ainsi que les perspectives d’appropriation de son inspiration/génie par les nouvelles générations de praticiens du cinéma en Afrique », signale la note, précisant que les travaux seront marqués par des communications et des expositions sur le cinéaste.

Dakar, le 15 février 2019

Aboubacar Demba Cissokho

Fespaco/Histoire/Billets – 1972 : Oumarou Ganda, premier cinéaste ‘’Etalon’’

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Le cinéaste nigérien Oumarou Ganda (1935-1981) est le premier à inscrire son nom au palmarès des lauréats de l’Etalon de Yennenga, grand prix du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, pour son film Le Wazzou polygame. C’était à l’issue de la troisième édition qui s’est tenue du 4 au 12 mars 1972, au cours de laquelle est instituée une compétition entre les films présentés.

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Six prix avaient été décernés à cette édition. Le nom d’Etalon de Yennenga est donné au « grand prix » en référence à la princesse Yennenga, mythe fondateur de l’empireMossi. Le palmarès de l’édition 1972 du Fespaco s’établit comme suit :

= Étalon de Yennenga : Le Wazzou polygame d’Oumarou Ganda (Niger)

= Deuxième prix (Prix spécial d’authenticité) : Hydre Dyama de Moussa Kémoko Diakité (Guinée)

= Troisième prix L’Opium et le Bâton de Mohamed Rachedi (Algérie)

= Prix de consolation : Pour ceux qui savent de Tidiane Aw (Sénégal)

= Premier prix du court métrage : Moseka de Kouami Mambu Zinga (Zaïre)

= Deuxième prix du court métrage : Sur le sentier du requiem de Pierre-Marie Dong (Gabon)

C’est aussi en 1972 que le festival bénéficie pour la première du soutien de l’Etat et est placé sous la tutelle du ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication.

C’est parce que Oumarou Ganda – décédé en 1983 – a été le premier vainqueur de l’Etalon de Yennenga que le prix de la meilleure première œuvre, instituée en 1983, porte son nom. Le Burkinabè Daniel Kollo Sanou a été le premier à recevoir le Prix Oumarou Ganda pour son film Pawéogo (L’émigrant).

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 5 février 2019

 

Fespaco 2019/Fiction : 28 courts métrages en compétition

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Quelque 28 films seront en compétition dans la section ‘’courts métrages’’ à la 26-ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, prévue du 23 février au 2 mars.

La liste de la sélection officielle :

  1. Diphiri Le Makunutu d’Obett Motaung (Afrique du Sud)
  2. Miracle de Bongi Ndaba (Afrique du Sud)
  3. La page blanche de Mohamed Nadjib Lamraoui (Algérie)
  4. Point zéro de Boumaiza Nassim (Algérie)
  5. Fragile espoir d’Inoussa Baguian (Burkina Faso)
  6. Il pleut sur Ouaga de Fabien Dao (Burkina Faso)
  7. Naabiga (Le prince) de Zalissa Zoungrana (Burkina Faso)
  8. Rêve brisé Bêde Modeste Ganafé Mofedogna (Burkina Faso)
  9. Mes silences de Benjamin Eyaga (Cameroun)
  10. Positif deMichael Mbélélé (Congo Brazzaville)
  11. Posthume de Dja Damien Dally (Côte d’Ivoire)
  12. Afiti de Wilfried Lengoye Ombamba Gabon
  13. Le ban sur le rivage du lac d’Ambrose B. Cooke (Ghana)
  14. Les larmes de mon peuple de Jacques Kolie (Guinée Conakry)
  15. Pimentade de Stéphane Floricien (Guyane)
  16. Baba Sifon de Laurent Pantaleon (La Réunion)
  17. Razana d’Haminiaina Ratovoarivony (Madagascar)
  18. Oumou, un destin arraché de Gaoussou Tangara Mali
  19. Au-delà de ce mur d’Aisha Jabour (Maroc)
  20. Realpolitik Morad Sail (Maroc)
  21. Goyave de NèNèB et C. Agelan (Martinique)
  22. Yassitoungou d’Hurel Régis Beninga (République Centrafricaine)
  23. Icyasha (Etiquette) de Marie Clémentine Dusabejambo (Rwanda)
  24. Une place dans l’avion Khadidiatou Sow (Sénégal)
  25. Un air de kora d’Angèle Diabang (Sénégal)
  26. Ordur (De l’or dur) Momar Kandji (Sénégal)
  27. Sukari HatibuYusuph Madudu (Tanzanie)
  28. Black Mamba Amel Guellaty (Tunisie)

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 4 février 2019

Fespaco 2019 : les films documentaires en compétition

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La 26-ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, prévue du 23 février au 2 mars prochain, présente 36 documentaires (21 longs et 15 courts) sur la liste des 124 films de la sélection officielle des films en compétition. Le jury de cette section récompensera trois films dans chacune de ses deux sections. Pour la première fois, les trophées que recevront les lauréats seront dénommés ‘’Etalon’’ (longs métrages) et ‘’Poulain’’ (courts métrages).

La liste des documentaires en compétition :

==LONG METRAGE

1 Whispering Truth To Power  de Shameela SEEDAT Afrique du Sud

By All Means Necessary (Par tous les moyens nécessaires)  de Suleman Ramadan (Afrique du Sud)

Meu Amigo Fela  (Mon ami Fela)  de Joel Zito Araujo (Brésil)

Le cimetière des éléphants  d’Éléonore Yaméogo (Burkina Faso)

Le loup d’or de Balolé  d’Aïcha Boro (Burkina Faso)

Pas d’or pour Kalsaka  de Michel K. Zongo (Burkina Faso)

Le futur dans le rétro  de Jean-Marie Téno (Cameroun)

Ntarabana  de François Woukoache (Cameroun)

9  Jean Rouch, cinéaste africain  d’Idriss Diabaté (Côte d’Ivoire)

10  Amal  de Mohamed Siam (Egypte)

11  Ghana For You  (Ghana pour vous)  d’Adams Mensah (Ghana)

12  Un sari sans fin  d’Harrikrisna Anenden (Ile Maurice)

13  Silas  d’Hawa Essuman (Kenya)

14  Fahavalo, Madagascar 1947  de Marie-Clémence Andriamonta-Paes

Madagascar

15  Dawa, l’appel à Dieu de Malick Konaté (Mali)

16  Jamu duman  (Quel valeureux nom as-tu ?) Salif Traoré Mali

17  Au temps où les Arabes dansaient  de Jawad Rhalib Maroc

18  Ganda, le dernier griot  d’Ousmane Diagana Mauritanie

19  Solaire Made In Africa  de Saguirou Malam Niger

20  Kinshasa Makambo  de Dieudo Hamadi R.D. Congo

21 On a le temps pour nous  de Katy Léna Ndiaye Sénégal

==COURT METRAGE 

1 Tata Milouda  de Nadja Harek (Algérie/France)

L’appel du sang  de Raymond Tiendre (Burkina Faso)

La Terre qui m’a vu naître  de S. Barthélemy Bazié (Burkina Faso)

Le Borgho  (Le cor) d’Isidore Marie Alphonse Kaboré (Burkina Faso)

Le père de Tilai  de Michel Kuate (Cameroun)

6   Pa’ta’ kam, un semi- super centenaire au service des pierres  de Laure Kamga M. (Cameroun)

L’énergie, défi de survie à Nanagoun  de Sita Houelefohoua Silue (Côte d’Ivoire)

Tesfaye-Esperer  de Daniel Negatu (Ethiopie)

Against All Odds (Contre toute attente) Charity Resian Nampaso/Andréa Iannetta (Kenya/Italie)

10  Déambulation de Tovoniaina Rasoanaivo (Madagascar)

11  Zanaka-Teny Nomen’i Felix  (Ainsi Parlait Felix) de Nantenaina Lova (Madagascar)

12  Bibata est partie… de Nana Hadiza Akawala (Niger)

13  Inanga  (Inanga, les gardiens d’une tradition) de Jean-Claude uwiringiyimana Rwanda

14  La femme lionne de Lobé Ndiaye Sénégal

15  T’bool  (T’bool ou la danse du feu en pays Bassar) Joel M’Maka Tchedre (Togo)

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 4 février 2019

Fespaco 2019/Documentaires/Compétition : des trophées ‘’Etalon’’ et ‘’Poulain’’ pour les lauréats

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La compétition ‘’documentaires’’ de la 26-ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (23 février – 2 mars) récompensera trois films dans chacune de ses deux sections. Pour la première fois, indique le dossier de presse de la manifestation, les trophées que recevront les lauréats seront dénommés ‘’Etalon’’ (longs métrages) et ‘’Poulain’’ (courts métrages).

FESPACO

C’est en 1991 (douzième édition) que, pour la première fois, un documentaire a été primé au palmarès officiel : Yiri Kan d’Issiaka Konaté du Burkina Faso. Pour le court métrage documentaire, c’est Hot Irons d’Andrew Dosunwu du Nigeria qui avait reçu une telle récompense, en 1999 (seizième édition). A partir de 2007 (dix-neuvième édition), le Fespaco décerne des récompenses aux trois meilleurs documentaires. Cette année-là, il y avait au palmarès : Rago (Télévision centrafricaine) ; Les Difficultés de conservation des manuscrits de Tombouctou (Télévision nationale du Mali) ; L’Importance de l’igname dans les sociétés béninoises (Office de radio télévision du Bénin).

En guise d’innovation, pour marquer le cinquantenaire du Fespaco, il y aura à partir de cette 26-ème édition, des ‘’Etalon’’ et des ‘’Poulain’’ dans le palmarès des compétitions ‘’documentaire’’. La liste des films documentaires en compétition ici (https://legrenierdekibili.wordpress.com/2019/02/04/fespaco-2019-les-films-documentaires-en-competition/).

DOCUMENTAIRE LONG METRAGE

=1er prix

Etalon d’Or : un trophée et dix millions de francs CFA

=2e prix

Etalon d’Argent : un trophée et cinq millions de francs CFA

=3e prix

Etalon de Bronze : un trophée et trois millions de francs CFA

DOCUMENTAIRE COURT METRAGE

=1er prix

Poulain d’Or : un trophée et cinq millions de francs CFA.

=2e prix

Poulain d’Argent : un trophée et trois millions de francs CFA.

=3e prix  

Poulain de Bronze : un trophée et deux millions de francs CFA

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 4 février 2019