Fespaco 2017 compétition officielle

Fespaco : l’urgence d’une impérieuse réinvention !

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S’il veut continuer à mériter la qualification de « plus grande manifestation cinématographique » en Afrique, le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou doit engager un impérieux, urgent et sérieux processus de réinvention portant notamment sur son mode de fonctionnement et de sélection des œuvres.

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Le Fespaco, « un festival à créer ». C’est ce que nous écrivions, dans une chronique, le 25 février 2017, jour de l’ouverture de la 25-ème édition. Cela peut être sujet à questionnement, parce que le festival existe déjà. Mais après une édition 2017 où la question de la qualité et de la représentativité du regard des cinéastes africains sur leur continent et sur le monde s’est posée avec acuité, il faut une petite révolution. Les choses ne peuvent pas continuer ainsi. La survie et la viabilité de la manifestation en dépendent.

La biennale de Ouagadougou fêtera son cinquantenaire en février 2019 (26-ème édition). Mais de nombreuses questions liées à sa direction, son organisation et la sélection des films inscrits à son programme suscitent des inquiétudes réelles et légitimes sur la volonté d’en faire un cadre représentatif de la vitalité de la création cinématographique et de ce qui s’écarte d’une uniformisation dans de nombreux secteurs de la création artistique.

Le FESPACO ne s’est toujours pas professionnalisé alors qu’il est et reste, pour les acteurs du 7-ème Art du continent le lieu le plus couru, où il faut être pour acquérir une légitimité venant de l’intérieur. Malgré tous ses défauts. Au vu de la qualité plutôt médiocre de la plupart des films présentés dans les différentes sections de la compétition officielle, lors de la 25-ème édition, l’un des sujets qui a fait l’objet de discussions soutenues est celui de la sélection. Existe-il vraiment un comité de sélection ? Si oui, comment fonctionne-t-il ? Quelle est sa composition ? A partir de quels critères décide-t-il de sélectionner ou de mettre de côté un film ?

De fait, ce qu’il faut revoir, d’urgence, c’est cette option consistant à demander aux producteurs et réalisateurs de soumettre leurs films à la sélection en s’inscrivant. Ce n’est pas efficace et on passe très souvent à côté de pépites que d’autres festivals s’arrachent et montrent en avant-première mondiale. Ils sont nombreux les très bons films produits depuis la dernière édition du FESPACO, en février-mars 2015, et que le cinéphile n’a pas vus – ne verra peut-être pas – dans les salles de Ouagadougou.

Quelques œuvres fortes illustrent ce raté de l’administration du FESPACO : comment, en effet, comprendre l’absence du puissant et touchant Hedi, un vent de liberté, ce drame réalisé par le Tunisien Mohamed Ben Attia, de la trame sociale et politique de Maman colonelle, du jeune Congolais Dieudo Hamadi, qui s’affirme de plus en plus comme porteur de son  langage propre, de l’intégrité que dégage The Revolution Will Not Be Televised de la Sénégalaise Rama Thiaw portée par un engagement à dénouer les fils d’enjeux sociaux et politiques à travers le message et l’activisme de musiciens ?

Le FESPACO 2017 n’a non plus pas eu dans sa sélection I Am Your Negro, cette bouleversante œuvre du Haïtien Raoul Peck sur James Baldwin, laquelle, avec les questions qu’elle soulève, a une résonnance particulière dans ce monde traversé et secoué par la question du racisme, de la financiarisation, des migrants, des inégalités, etc. The Wound, réalisé par le Sud-Africain John Trengove, était aussi absent. Le très rafraichissant Wallay de Berni Goldblat, qui aborde la subtilité et la délicatesse du processus d’initiation, n’a été intégré qu’au dernier moment au programme, dans la section ‘’Séances spéciales’’. Il aurait mérité beaucoup mieux que cela.

La bureaucratie du FESPACO, constituée de fonctionnaires, fonctionne plus sur des critères subjectifs aux relents politiciens que sur de véritables éléments de mesure de la valeur artistique des productions. Exemple de ces errances qui en disent longs sur le manque d’expertise des hommes et des femmes qui décident de la sélection officielle des films en compétitions : de source bien informée, Félicité du Sénégalais Alain Gomis, œuvre finalement récompensée par l’Etalon d’or de Yennenga, n’avait pas été retenue dans un premier temps, parce que notée 11/20. Et c’est seulement après avoir été informé que ce même film allait être en compétition officielle au Festival international de Berlin (Berlinale) que le délégué général du FESPACO demande qu’elle soit intégrée dans la liste des films en course pour la récompense suprême à Ouagadougou.

Un premier acte de changement consisterait à nommer un directeur artistique dont la mission sera d’aller chercher des films, au lieu d’attendre que des cinéastes veuillent bien remplir la fiche d’inscription. Au début de l’aventure et jusqu’à la fin des années 1990, cela pouvait être valable, mais plus maintenant.

S’informer sur les tournages, anticiper sur la postproduction et la sortie des films pour faire du FESPACO le lieu où s’organisent des premières mondiales, sont, aujourd’hui, devenus des missions à inscrire dans le cahier des charges d’un directeur artistique. Le festival de Ouagadougou n’est aujourd’hui, pour plus de 80% des œuvres sélectionnées, qu’un réceptacle de ce qui a été vu et revu dans d’autres festivals et dont personne ne veut plus. Les cinéphiles qui se retrouvent à Ouagadougou méritent mieux.

A quoi servent les voyages et missions des responsables du festival dans d’autres rencontres cinématographiques ? A rien, sinon à justifier un quota de films par régions de l’Afrique (deux ou trois de l’Afrique australe ; le Burkina, forcément ; si l’Algérie est là, le Maroc aussi doit être là ; le pays invité d’honneur aussi, même si, comme cette année, ses films n’ont pas le niveau…), à choisir des noms plutôt que des œuvres.

Le débat sur la professionnalisation du FESPACO est vieux, mais là, il est arrivé le moment de passer à une réelle transformation. Les ingrédients sont réunis pour cela : le contexte, une masse critique de compétences dans le domaine du cinéma et une exigence de qualité de plus en plus audible chez les cinéphiles. Il serait heureux de voir, lors du cinquantenaire prévu en 2019, une mise en œuvre de ces réformes salutaires pour un festival essentiel à la visibilité des œuvres cinématographiques d’Afrique.

Aboubacar Demba Cissokho

Ouagadougou, le 5 mars 2017  

FESPACO 2017 : la liste complète des 105 films de la compétition officielle

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Quelque 105 films ont été  retenus pour les différentes sections de la compétition officielle (long métrage, court métrage, documentaire, films d’écoles de formation, série télévisuelle) de la 25è édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) prévue du 25 février au 4 mars 2017. Les dernières conférences de presse de présentation ont eu lieu à Bruxelles (17 janvier) et Paris (19 janvier), après le lancement officiel organisé à Abidjan (5 janvier).   

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.Voici la liste des films de la compétition officielle

== LONGS METRAGES (20)

– A mile in my shoes de Saïd Khallaf (Maroc)

– Aisha » de Chande Omar (Tanzanie)

– A la recherche du pouvoir perdu » de Mohammed Ahed Bensouda (Maroc)

– Félicité d’Alain Formose Gomis (Sénégal)

– Fre de Kinfe Banbu (Ethiopie)

– Frontières de Appolline Woye Traoré (Burkina Faso)

– Innocent malgré tout de Kouamé Jean De Dieu Konan/ Kouamé Mathurin Samuel Codjovi (Côte d’Ivoire)

– L’interprète d’Olivier Meliche Koné (Côte d’Ivoire)

– L’orage africain – Un continent sous influence de Sylvestre Amoussou (Bénin)

– La forêt du Niolo d’Adama Roamba (Burkina Faso)

– Le gang des Antillais de Jean Claude Barny (Guadeloupe)

– Le puits de Lotfi Bouchouchi (Algérie)

– Les Tourments de Sidali Fettar (Algérie)

– Life point de Brice Achille (Cameroun)

– Lilia, une fille tunisienne de Mohamed Zran (Tunisie)

– Praising the Lord plus one de Kwaw Paintsil Ansah (Ghana)

– The lucky specials de Rea Rangaka (Afrique du Sud)

– Thom de Tahirou Tasséré Ouédraogo (Burkina Faso)

– Wulu de Daouda Coulibaly (Mali)

– Zin’naariya ! de Rahmatou Keïta (Niger)

== COURTS METRAGES (26)

A Place For Myself de Marie Clémentine Dusabejambo (Rwanda)

Antananarivo Tiako Ianao de  Haminiaina Ratovoarivony (Madagascar)

Ashia de  Françoise Ellong(Cameroun)

Chebet d’Antony Koros (Kenya)

Coma de Ghada Ali (Egypte)

Daymane tours  de Pepiang Toufdy (Tchad)

Folo, il était une fois de  Loci Hermann Kwéné (Burkina Faso)

Gerreta  de Mategaftot  Sileshi Siyoum (Ethiopie)

Hymenee de Violaine Maryam Blanche Bellet (Maroc)

La face cachée du père noël  de Laurent Pantaléon La Réunion

La promesse  de Fatou Touré (Sénégal)

La rue n’est pas ma mère de  Jérôme Nabonswendé Yaméogo (Burkina Faso)

Le chemin de  Mike Cofiz  (Côte d’Ivoire)

Le pantalon rouge  d’Hervé Djossou (Bénin)

Le voyage de Keltoum  d’Anis Djaad  (Algérie)

Les gros cailloux  de Jean Richard Niyongabo (Burundi)

Les mains d’or de samba  de Hawa Aliou N’diaye  (Mali)

Lodgers de Keni Ogunlola  (Nigeria)

M-001  de Franck Adrien Relongouet Onouviet (Gabon)

Mbamba  de Nsunzu Michee (RD Congo)

Normalium  de Siam Marley (Côte d’Ivoire)

Khallina Hakka Khir  de Mehdi M. Barsaoui (Tunisie)

Pacte  de Joel M’maka (Togo)

Silence de  Amog Lemra (Congo Brazzaville)

The Bicycle Man  de Twiggy Matiwana (Afrique du sud)

Yaa d’Esi Yamoah (Ghana)

== FILMS DOCUMENTAIRES (21)

A Footnote In Ballet History ? d’Abdel Khalek Hisham (Egypte)

Abnégation de Koffi Segla Olougbegnon (Togo)

Bois d’ébène de Moussa Touré (Sénégal)

Bons baisers de Moruroa de Larbi Benchiha (Algérie)

Ceux qui osent de Dieudonné Alaka (Cameroun)

Citoyens bois d’ébène de Franck Salin (Guadeloupe)

Cola une noix= mille vertus de Seydou Coulibaly (Côte d’Ivoire)

Coming Of Age de Teboho Edkins (Afrique du Sud)

Congo ! le silence des crimes oublies de Gilbert Balufu (R.D. Congo)

Djambar, Sembene l’insoumis d’Eric Mbappe Bodoule Sosso (Cameroun)

Héritiers du Vietnam d’Arlette Pacquit (Martinique)

Kemtiyu, Séex Anta (Kemtiyu, Cheikh Anta) d’Ousmane William Mbaye (Sénégal)

L’appel des tambours  de Fidèle Kofi (Côte-d’Ivoire)

L’arbre sans fruit d’Aicha Macky (Niger)

Le réveil de l’éléphant de Souleymane Drabo (Burkina Faso)

Les héritiers de la colline d’Ousmane Samassekou (Mali)

Les hirondelles de l’amour de Jawad Rhalib (Maroc)

Okuta, la pierre d’Ayéman Aymar Esse (Benin)

Sosso bala de Nissi Joanny Traoré (Burkina Faso)

Uprize ! de Sifiso Khanyile (Afrique du Sud)

Yolande ou les blessures du silence de Léandre-Alain Baker (Congo Brazzaville)

== FILMS DES ECOLES AFRICAINES DE CINEMA (17)

A travers les barrières de Matamoura dit Ndiaga Fall – Sup’Imax (Sénégal)

Au nom du père de Hegra Djessaga – Ecole Supérieure des Etudes Cinématographiques et de L’audiovisuel (Togo)

Derrière l’imaginaire de Hiba Chaari Ecole Supérieure des Arts Visuels de Marrakech (Maroc)

Down Side Up de Peter Owusu – University of Legon (Ghana)

Héritage de Fatoumata Tioye Coulibaly – conservatoire des arts et métiers multimédia/Balla Fasséké Kouyaté (Mali)

La maladie de la honte de Giovania Atodjinouzinsou – Institut Supérieur Des Métiers de l’audiovisuel (Benin)

La mangrove, une richesse pour le lac aheme de Blandine Kpadé – Institut Supérieur des Métiers de l’audiovisuel (Bénin)

Le cacao au féminin Mohamed Touré Université Félix Houphouët BOIGNY Côte d’Ivoire

Le déclin de Lahou Kpanda de Jean Marie Venance Soro Institut arc-en-ciel Côte – d’Ivoire

Le patriote de Jean Marc Anda – Institut Supérieur de Formation Aux Métiers du Cinéma Et de l’audiovisuel de l’Afrique Centrale (Cameroun)

Le peintre de Georges Roi Tekou Fonganlt – Institut Supérieur de l’Image et du Son/ Studio Ecole (Burkina Faso)

Le refus de raba de Mariam Fofana – Brico Films (Mali)

Nectar d’un pays de Fidel Hounhouede – Ecole Nationale des Sciences et Technique de l’information et de la Communication (Benin)

Nubuke d’Aryee Bismark – National Film and Television Institute (Ghana)

Pater Noster de Lambert Oubda – Institut Imagine (Burkina Faso)

Sira de Serge Augustin Koua – Institut Polytechnique des Sciences et techniques de la Communication (Côte d’Ivoire)

Terminus de Mamadou Hady Diawara – Ecole Supérieure des Arts Visuels de Marrakech – (Maroc)

== SERIE TELEVISUELLE (21)

Aissa – Jean Roke Patoudem (Cameroun)

Aphasie –  Hyacinthe Hounsou (Côte d’Ivoire)

Bamako la ville aux trois caîmans – Aîda Mady Diallo ( Mali)

Bibata – Mamadou Maboudou Gnanou (Burkina Faso)

Cauris du sud – Kiel Adandogou (Togo)

Delou – Mahaman Souleymane (Niger)

Deux couples, un foyer – Gbehi Jean Noel BAH (Côte d’Ivoire)

Du’ anaado saaraa – Boubacar Sidibé (Mali)

Identitaire – Sidgomdé Roamba (Burkina Faso)

Intentions secrètes – Bernard Yaméogo (Burkina Faso)

Jikulumessu – Sergio Graciano (Angola)

La guerre des biens – Jean de Dieu Tchegnebe (Cameroun)

Lagnon – Emmanuel Goueu (Côte d’Ivoire)

Le sang de l’albinos – Narcisse Sawadogo (Burkina Faso)

Les chenapans – Christiane Chabi Kao (Bénin)

Les familles et les amis –  Adebowale Ajibulu (Afrique du Sud)

Péripétie – Rémi Atangana (Cameroun)

Samba Akwuondoghoh – Enah Johnscott (Cameroun)

Sœurs ennemies –  Erico Séry/ Yurandy Pereira-Sodre (Côte d’Ivoire)

Ton pied mon pied –  Folligan Steven Amouzou (Togo)

Tundu Wundu – Abdoulahad Wone (Sénégal)

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Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 20 janvier 2017