Cheikh Ndoye bassiste

Baaba Maal : « La culture est au-dessus de tout ce qui menace la cohésion sociale »

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Invité à jouer aux côtés du bassiste Cheikh Ndoye, dimanche 15 mai 2016, en clôture de la 24-ème édition du Festival international de jazz de Saint-Louis, l’artiste-chanteur sénégalais Baaba Maal s’est dit « extrêmement content » que la manifestation ait pu se tenir, en dépit d’incertitudes orchestrées. Le musicien s’est réjoui du fait que la manifestation ait pu « démontrer que la culture est au-dessus de tout ce qui menace la cohésion sociale ». Pour des autorités administratives n’ayant que peu de respect pour les expressions culturelles et qui étaient tentées de faire annuler la manifestation, c’est raté. Contre vents et marées – sous haute surveillance certes – le festival s’est tenu dans une bonne ambiance.

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Participation-surprise à la 24-ème édition

« Je suis extrêmement content que le festival ait tenu tête à tout ce qui a essayé de ne pas le faire continuer à exister. Parce que c’est un festival de jazz, c’est un festival de musique, c’est un festival de Saint-Louis, il représente beaucoup pour notre pays. Quand on arrive à plus d’une vingtaine d’éditions, on n’a plus le droit de baisser les bras. Ce serait un échec (si on baissait les bras). Donc moi je suis très content que ce festival ait eu lieu. Il y a eu des artistes comme Cheikh Ndoye (bassiste sénégalais résidant à Washington DC), que je connais très bien, qui est très talentueux, et qui a toujours rêvé de venir jouer dans son pays … Ça, c’est l’une des raisons qui m’ont fait venir parce que je connais son concept et ce qu’il représente à Washington dans le milieu de la musique… Ce serait dommage qu’il puisse être découragé par le report d’un festival.

De l’importance de Saint-Louis jazz

« Je pense que ce festival grandit de plus en plus. Je le dis très souvent : il y a un aperçu que les Sénégalais ne peuvent pas avoir par rapport aux événements qui se passent ici, par rapport à ce que ça représente dans le monde. Je voyage, je joue de la musique, je rencontre des musiciens, des promoteurs de musique, et le nom du festival de jazz de Saint-Louis et d’autres manifestations culturelles sortent un peu partout. Et les gens se donnent une impression vraiment formidable par rapport à ces organisations. Mais quelques fois, j’ai l’impression que nous les Sénégalais, nous ne nous rendons pas compte de l’impact positif que cela a dans le monde. Et je pense que si nous nous rendons compte de cet impact, nous travaillerons davantage à soutenir des actions comme le festival de jazz de Saint-Louis.       

Le festival a failli être annulé

« Je pense que même s’il y avait tout ce qui a été dit autour, par exemple, de la sécurité, le devoir de ce festival serait d’exister, de démontrer que la culture est au-dessus de tout ce qui menace la cohésion sociale. La culture doit être là pour amener les gens à comprendre que nous devons continuer à aller de l’avant. Il y a toujours eu des forces qui essaient de nous retenir, mais nous devons démontrer que la culture est au-dessus de tout. Je pense que le fait que ce festival ait pu démontrer à certains touristes – qui voulaient venir mais qui ne sont pas venus – à certains bailleurs qui seraient intéressés à mettre de l’argent dans le développement, que c’est possible. Que la culture est là pour être la locomotive du développement, mais pas ce qui traîne »

Aboubacar Demba Cissokho

Saint-Louis, le 16 mai 2016

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