Biennale Dak’Art

Dak’Art 2020 : l’appel à candidatures ouvert du 1er juillet au 15 septembre 2019

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L’appel à candidatures pour l’exposition internationale de la 14-ème édition de la Biennale de l’Art africain contemporain (28 mai-28 juin 2020) est ouvert du 1er juillet au 15 septembre 2019, indique le site Internet de la manifestation.

Les modalités et formulaire de participation, le règlement intérieur sont disponibles ici : http://biennaledakar.org/appel-a-candidatures-pour-lexposition/

Cette édition qui marquera les trente ans de la manifestation, aura pour thème Ĩ’Ndaffa’’  (Forger’’ en langue sérère). Le communiqué du comité d’orientation signale que « C’est un verbe qui dénote la dynamique et l’action de créer, de recréer et de malaxer », ajoutant que « ce thème général renvoie à la création d’un monde nouveau et autonome, lequel nourrit la diversité des créativités contemporaines africaines, tout en projetant de nouvelles manières de raconter et d’appréhender l’Afrique, dans un dialogue et une interaction constants avec le reste du monde ».

La subvention allouée à cet évènement passe à un milliard de francs CFA pour cette édition 2020. Elle était passée de 300 millions (2016) à 500 millions en 2018.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 2 juillet 2019

Moridja Kitenge Banza, un art teinté d’histoire et de politique

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L’artiste congolais Moridja Kitenge Banza a été sélectionné pour l’exposition internationale de la 12-ème édition de l’art africain contemporain, Dak’Art, (3 mai-3 juin 2016). Il s’agira pour lui d’un retour dans une manifestation où il avait fait forte impression en 2010.  

Kitenge

L’artiste-plasticien congolais Moridja Kitenge Banza, lauréat du Grand Prix de la biennale Dak’Art 2010, a une théorie de sa pratique artistique fortement teintée d’histoire et de politique. Il a le verbe et les mots pour en parler, si bien qu’il y a le plaisir à l’entendre s’exprimer.

En résidence de création d’un mois, grâce à la maison d’édition Vives Voix, Banza a présenté le fruit de sa réflexion dakaroise – débutée le 15 janvier dernier -, vendredi 18 février, à un public d’acteurs culturels, d’artistes et de journalistes, témoins d’un travail, visiblement simple, mais d’une profondeur réelle.

Fortement imprégnée par l’histoire et l’actualité politique de son pays et des lieux où il se pose au gré de ses pérégrinations, la production de l’artiste parle à celui qui la contemple. Même si son travail semble expressif, Moridja Kitenge Banza se fait un plaisir de ‘’lire’’ ses œuvres pour un public intéressé.

A Dakar, il ne s’est pas limité à créer des œuvres. Il s’est surtout livré à un travail de réflexion sur son art, sa démarche. Une sorte de bilan d’étape permettant de se projeter et de définir de nouvelles orientations.

« Au-delà de la production d’œuvres, j’ai fait le choix de réfléchir aussi à tout mon travail d’artiste pour les années à venir, a-t-il expliqué. Précisément pour cette année où j’envisage de mettre en place pas mal de projets et de voir tout ce que je pourrais faire pour 2012. »

Il y a des maquettes qui vont être réalisées l’année prochaine ou peut-être dans deux ans, poursuit l’artiste dont le séjour à la résidence ‘’Vives Voix’’ s’est structuré autour de questions essentielles : « Est-ce que je continue ce que je fais ? Est-ce que ça m’intéresse ? Comment je le continue ? Comment est-ce que j’essaie de faire suivre différents projets ? »

Sur les murs de la résidence, Moridja Kitenge Banza a affiché son Map Of Identity, une carte témoin des voyages et déplacements qui nourrissent son travail. C’est peut-être pour cela que les visiteurs qui voient ses œuvres peuvent sentir un lien, même si, au départ, Banza lui-même n’avait pas intégré cet aspect.

Dans son projet artistique, le Congolais se sert de l’autre comme ‘’miroir’’. Pour avoir un recul, dit-il, il essaie de voir si la personne qui est en face de lui a les mêmes problèmes, les mêmes préoccupations ou interrogations. De là, il rebondit pour d’un problème plus global.

Dans ses œuvres, Banza dénonce la mainmise de pays ou de multinationales sur les ressources d’autres pays, au détriment des populations à la base ; il n’apprécie pas l’inertie des élites politiques du continent face à la situation de pauvreté de leurs peuples.

En France, où il vit et travaille depuis 2003, l’artiste s’est prononcé de manière claire, à travers l’œuvre intitulée L’hymne à nous ou eldorado, contre la politique d’intégration du gouvernement français. Moridja Kitenge Banza, lui, veut rester lui-même pour « contribuer à la construction de son pays ».

Cette connotation politique s’est vue dans le résultat de sa résidence de création à Dakar. Il a présenté au public des dessins, dans une référence à Van Gogh, pour évoquer justement « la permanence de la tragédie » du Congo, symbolisée par la bataille autour des ressources minières du pays.

Même s’il réside en France, et peut rester un an sans retourner chez lui à Kinshasa, Moridja Kitenge Banza garde un lien constant avec sa famille. Les informations que celle-ci lui donne sur la situation politique de son pays, ajoutées à celles qu’il lit dans la presse le guident dans son travail.

Cet artiste qui considère l’art comme une thérapie lui permettant de se libérer, a reçu une formation aux Beaux-Arts de Kinshasa et de Nantes, avant de décrocher un master en développement culturel des villes à l’Université de la Rochelle. Il a débuté par la peinture, puis il a intégré la vidéo dans son travail de création, lequel part de l’Histoire pour tenter d’éclairer le présent.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 20 février 2011 

 

Simon Njami : le Dak’Art 2016 sera « un énorme succès, qui va changer les choses »

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Le directeur artistique de la 12-ème édition de la biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art), Simon Njami, a animé mardi 26 janvier 2016 une conférence de presse au cours de laquelle il a tracé les grandes lignes de l’événement prévu du 3 mai au 3 juin 2016.  En dépit du constat que la manifestation est « en train de mourir gentiment », il s’est dit convaincu que cette édition va être « un énorme succès, qui va changer les choses ».

Etat clinique du Dak’Art

« Ce n’est un secret pour personne, la biennale est en train de mourir gentiment (…) Sauf pour une édition, où j’étais pris ailleurs, j’ai suivi toutes les biennales. Il y a une première chose qui est un symptôme de maladie, c’est la stagnation. L’autre c’est la récurrence des mêmes symptômes. Tous les deux ans – il y a eu des exceptions, mais je parle d’une manière globale – on se heurte aux mêmes questions auxquelles on ne répond pas. Il y a eu des rapports établis sur cette biennale, il y a eu tout un tas de constats de faillite au niveau structurel. Personne n’en a pris compte. J’ai entendu trois présidents (de la République) dire que ‘’Dakar aura son musée d’art contemporain’’. Il y a comme ça un manque de cohérence, qui rebondit évidemment sur la biennale. Quelle est la véritable politique culturelle ? Quelle est la place de l’art contemporain ? Une biennale ne tombe pas du ciel. Une biennale se fait avec des écoles qui fonctionnent, avec des structures qui sont là. Et, las but not least, j’ai constaté un désamour grandissant de mes camarades internationaux vis-à-vis de la biennale. Il y a eu des moments où tout le monde bloquait la date de la biennale et, aujourd’hui, il y a des gens qui disent qu’ils ont autre chose à faire…Pour moi, le premier responsable c’est l’Etat, parce que la biennale de Dakar est une manifestation nationale. Le premier responsable, c’est l’Etat, parce que les secrétaires généraux, les comités scientifiques, etc. ont les mains liées si on ne leur donne pas carte blanche (…) Il s’agit de réenchanter cette biennale que nous aimons tous. Si je n’aimais pas cette biennale je ne serais pas là. Si je n’aimais pas le Sénégal, je ne serais pas là. Si je ne me trouvais pas une responsabilité vis-à-vis de l’Afrique, je ne serais pas là. Mais qui aime bien châtie bien. On n’est pas là pour dire ce qui marche. On est là pour voir ce qui ne marche pas, pour pouvoir faire quelque chose à ce propos.

« Mission impossible réalisable »

Certains d’entre vous sont jeunes, mais vous connaissez au cinéma la reprise de ce film Mission impossible. C’est donc de l’ordre d’une mission impossible. Mais une mission impossible réalisable, parce que nous ne sommes pas fous. Il s’agit de restructurer la biennale, de lui donner la dimension qu’elle mérite, c’est-à-dire une dimension vraiment internationale, et de professionnaliser les équipes, les structures. Il y a une chose que vous pourriez ne pas savoir, il arrive que votre gouvernement lui-même ne le sache pas : c’est qu’une biennale n’arrive pas tous les deux ans, une biennale se travaille pendant deux ans. Cette année encore, nous nous sommes distingués en ayant le temps le plus court jamais vu pour réaliser une biennale. Le comité a été installé mi-octobre, nous avons commencé à travailler mi-novembre pour quelque chose qui arrive le 3 mai. Pour que cela arrive le 3 mai, il y a tout un tas de conditions préalables, c’est-à-dire des choses à mettre en place. Donc une nécessité de rigueur et de coordination, une nécessité de programmation. Il y a tout un tas de tâches au quotidien qui doivent être mises en place (…) Je parle pour la biennale 2018, parce que la biennale 2016 va être un énorme succès, qui va changer les choses. Le conseil que je donne est qu’il faut commencer à travailler sur la biennale 2018 en juin 2016 et pas en février 2018. Que toute cette lourdeur administrative, disons-le, a des conséquences sur les choses : si vous devez aller chercher des budgets à l’extérieur, vous devez avoir une idée claire de ce que sera votre budget. Or vous ne pouvez pas concevoir votre budget si vous ne savez pas quels sont les artistes qui vont être invités, d’où ils viennent, quel type d’œuvres ils ont, etc. Tout cela a des conséquences sur l’organisation matérielle de l’événement (…) J’ai senti dans l’équipe un dynamisme qui n’était pas toujours là avant, quand je regardais ça de loin. Des gens qui sont vraiment convaincus qu’organiser un événement artistique, ce n’est pas être un administratif dans un bureau. C’est quelque chose qui n’a pas de temps, de créneau ni de calendrier…On peut travailler 24 heures pas jour, l’important est qu’à la fin les trains arrivent à l’heure. Donc c’est ça que nous avons l’intention de faire, et c’est ça que le secrétaire général et son équipe vont contribuer à faire, pour que, lorsque nous ouvrons le 3 mai, nous soyons tous fiers du travail accompli.

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Les grandes lignes de la biennale 2016

La structure générale de la biennale se compose de l’exposition internationale, la Panafricaine, qui invite des artistes du continent et de la diaspora. Ça sera l’un des volets de la biennale. Le deuxième volet de la manifestation va s’axer sur la ville. C’est un volet qui s’appelle ‘’Contours’’, la ligne qui définit un périmètre à l’intérieur duquel les choses se passent. Les contours vont être là pour réaffirmer ce qu’entend montrer l’exposition. Les contours c’est à la fois les commissaires invités – j‘ai invité six commissaires venant de six pays pour venir nous montrer ce qui se passe dans leurs différents pays. L’idée c’était d’inviter des gens qui travaillent dans des conditions qui pourraient être similaires à celles du continent (…) Nous avons un Indien, une Coréenne, une Brésilienne, une Camerounaise, un Espagnol et une Italienne. A côté des commissaires invités, il y a une chose qui risque d’être un peu plus complexe à mettre en œuvre, qui est le volet ‘’pays invités’’. Il fallait nouer ce lien et briser cette sempiternelle ligne Nord-Sud, briser le mythe de la centralité. Les gens disent toujours : ‘’Il faut aller au centre’’. Eh bien, il suffit, comme Sumesh Manoj Msharma (le commissaire indien) l’a fait, comme je le pense, de dire : ‘’Dakar, c’est le centre’’. Et dès lors qu’on dit que Dakar c’est le centre, au monde de venir à Dakar et non pas toujours de penser que l’herbe est plus verte ailleurs ; de fabriquer des choses endogènes ici et maintenant qui peuvent servir de modèle pour ailleurs aussi.

Le ‘’réenchantement’’, thème de l’événement

L’exposition internationale s’appelle ‘’Réenchantement’’, parce qu’il me semble que le monde a besoin d’être réenchanté. Il y a une artiste que j’ai suivie pendant très longtemps, qui était invitée pour venir à Dakar, qui avait 33 ans ; qui se trouvait à boire un café sur terrasse au Burkina Faso ; qui a pris six balles et qui est morte deux jours plus tard (La photographe marocaine Leila Alaoui, une des trente victimes des attaques sur un hôtel et un café de Ouagadougou, le 15 janvier 2015). Je parle d’elle parce que je la connais, mais il y a tous les autres que je ne connais pas. Il y a tous ceux que nous voyons tous les jours. Il me semble que si l’art a une fonction c’est de fabriquer du sensible et c’est de réenchanter le monde, de créer cette communauté de pensée, de sensibilité et d’esthétique, qui est le seul moyen de réenchanter le monde. Ce n’est pas la banque qui va réenchanter le monde. Ce n’est pas la politique qui va réenchanter le monde, ce ne sont pas les ingénieurs qui vont réenchanter le monde. C’est à partir de nos artistes, nos poètes, nos musiciens. Il importe qu’ils en soient conscients, qu’ils sachent qu’ils ont un rôle à tenir. »

Nigeria et Qatar, pays invités

Il y a deux pays invités : le Nigeria que j’ai choisi et le Qatar, que mon collègue (le président sénégalais) Macky Sall a choisi (rires dans la salle). Ensuite, il y a des manifestations dans la ville : il y a quelque chose qui me paraît essentiel : quand un événement se passe en terre africaine, quand il y a de l’argent de l’Etat, quand il y a des efforts qui sont faits, il me paraît essentiel que la manifestation soit ancrée là où elle se passe. Cette manifestation s’appelle ‘’biennale de Dakar’’, pas celle de Johannesburg ou celle de Venise. Donc il est important que les Dakarois, les Sénégalais, aient des aperçus de ce qui se passe dans la biennale. Il faut que le chauffeur de taxi sache qu’une biennale d’art contemporain existe ; ll faut que le gardien sache qu’une biennale d’art contemporain existe. C’est pour ça qu’il y aura un tas de dispositifs dans la ville, qui iront vers les gens, pour leur permettre, eux aussi, de participer à cette manifestation. Donc la ville sera un maillage de réseaux, d’événements, de performances. Nous disposerons des conteneurs dans la ville, qui iront atteindre les gens dans les banlieues…

Workshop pour jeunes journalistes et étudiants

Je trouve qu’il y  a un manque, un vrai manque de réflexion critique sur le continent africain. Ce n’est pas propre au Sénégal. Il y aura un journal quotidien de la biennale. Un appel à candidatures sera lancé pour de jeunes auteurs, qui subiront pendant une semaine une espèce de stage (workshop) sur le regard critique et sur la critique d’art. Et la semaine d’après, ils feront un journal quotidien…Le workshop se fera une semaine à dix jours avant l’ouverture de la biennale. Pour ce qui est des intervenants, j’inviterai un journaliste et critique d’art d’un magazine français, je demanderai au secrétaire général de répertorier les philosophes, les penseurs, les sociologues…Ecrire sur l’art ce n’est pas faire du journalisme. Développer un esprit critique c’est avoir des connaissances en philosophie, en psychanalyse, en sociologie, en histoire, etc. Donc, ces étudiants seront confrontés à toutes ces disciplines pour pouvoir ensuite être capables des papiers d’analyse.

Volontaires, concours d’affiche et médiateurs culturels

Nous ferons venir des étudiants en art, en communication, etc. qui seront là pour assister dans toutes les tâches possibles et imaginables qui font qu’une biennale existe. Dans une biennale, il n’y a pas que les œuvres sur le mur. Pour que ces œuvres soient sur le mur, pas de travers, avec le bon éclairage, ça nécessite tout un travail derrière…Il n’y a rien de mieux que de faire pour comprendre. La théorie est une chose, la pratique en est une autre. Donc nous inviterons tous les étudiants qui le souhaitent –évidemment il y aura une sélection. Il y aura, vers les écoles, un concours d’affiche qui sera lancé sous peu, où chacun, dans un acte citoyen, sera invité à proposer une affiche en rapport avec le thème de la manifestation. Les meilleures affiches feront l’objet d’une exposition…

Hommages…

Il y aura des hommages aux gens qui nous ont quittés. Il y aura une exposition dédiée aux lauréats du Grand Prix de la biennale depuis sa création. C’est bien de rendre hommage aux gens qui nous ont quittés, mais ce n’est pas mal non plus de rendre hommage aux gens qui sont là, plutôt que d’attendre qu’ils ne soient plus là. J’ai décidé d’introduire le concept japonais de ‘’trésor vivant’’, pour rendre hommage à des gens qui sont encore vivants, qui sont menacés d’être éjectés de leur maison-musée et de faire un éclairage sur eux. L’un d’entre eux sera Joe Ouakam, auquel hommage sera rendu pour l’ensemble de son œuvre et parce qu’il est là.

Colloque ‘’Bandoeng’’ pour « inventer de nouveaux schémas »

Le troisième volet s’appelle ‘’Bandoeng’’. Bandoeng (ville d’Indonésie), c’est la conférence des non-alignés qui a été organisée en 1955. Le principe du non-alignement était assez simple : c’était une époque où il y avait une confrontation entre l’Est et l’Ouest, et des gens ont décidé qu’ils ne seraient ni Est ni Ouest. La réalité fut légèrement différente, mais qu’importe. C’est cette volonté de ne pas être assujetti aux diktats de l’autre. Il existe, puisqu’ici il s’agit de création artistique, des diktats de l’art. Il existe des lieux qui pensent qu’ils sont ceux qui vont dire ce qui est bien, ce qui est mal. Il existe même, me croirez-vous, des gens, bien loin d’ici, qui vont vous dire ce qu’est un artiste africain et ce que n’est pas un artiste africain. De tout cela, nous ferons table rase, et le soutènement de ce ‘’Bandoeng’’ c’est d’essayer de penser une création qui serait une création non-alignée, c’est-à-dire d’essayer d’organiser une pensée organique où nous pensons pour nous. Encore une fois, nous ne passons pas sous les fourches caudines de ce fameux axe Nord-Sud. Nous allons faire du ‘’Sud-Sud’’, du ‘’Est-Est’’, du ‘’Ouest-Ouest’’, mais pas aller vers la métropole en reproduisant comme ça, sans s’en rendre compte, le schéma colonial. Donc il est temps d’inventer de nouveaux schémas, d’inventer de nouvelles alliances, d’inventer de nouvelles façons de penser et de faire. Ça sera un colloque très dur, avec des têtes très dures, très pensantes. Et à la fin ça sera un livre.

Documentation en coffret

Il y aura trois catalogues qui seront réunis dans un coffret : le premier sera un catalogue de l’exposition internationale. Ça sera un catalogue qui aura une distribution internationale. Jusqu’à présent, les catalogues qui étaient produits – je ne parle pas de leur qualité – ne disposaient d’aucune distribution internationale. Un catalogue c’est ce qui reste quand la manifestation est terminée. Tous ceux qui n’ont pas pu assister, pour x ou y raison, à la biennale, auront l’occasion d’avoir ce catalogue, qui servira aussi comme moyen de communication, moyen de réflexion. Ce sont des choses qui vont être retrouvées dans les bibliothèques, dans les académies, etc.  Le deuxième catalogue rassemblera les contours, les différents événements, et le troisième catalogue sera un livre qui parlera des nouvelles stratégies et de la façon de se repenser définies au cours du colloque.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 27 janvier 2016

 

 

Dak’Art 2016 : la liste des artistes de l’exposition internationale

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Voici la liste des 65 artistes sélectionnés pour l’exposition internationale de la 12-ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (3 mai – 3 juin), dévoilée mardi 26 janvier 2016 par le directeur artistique Simon Njami, au cours d’une conférence de presse, à Dakar. Le comité international de sélection, réuni samedi 23 et dimanche 24 janvier 2015, à Dakar, a examiné 327 dossiers de candidature reçus entre le 28 octobre et le 30 décembre 2015.

Dak'Art

SENEGAL

  1. HENRI SAGNA
  2. MOHAMADOU NDOYE
  3. AREBENOR OMAR YACINE BASSENE
  4. MBAYE BABACAR DIOUF

BURKINA

  1. GOUWENDMANEGRE HIPPOLYTHE SAMA

USA

  1. OLANIYI RASHEED AKINDIYA

FRANCE

  1. YOYO GONTHIER
  2. DALILA DALLEAS BONZAR
  3. YASSINE BALBZIUOI
  4. JULIEN GREUZET
  5. NABIL BOUTROS
  6. BADR EL HAMMANI
  7. FATIMA MAZMOUZ

CAMEROUN

  1. MAURICE PEFURA
  2. ANNETTE MATHIEUE
  3. BEKOLO JEAN PIERRE
  4. BIDJOCKA BILLI

MAROC

  1. MAZIRH SAFAA
  2. PARREE AMIRA
  3. ALAOUI LEILA

ITALIE

  1. DÉLIO JASSE

KENYA

  1. WILLIAM WAMBUGU
  2. MWANGI/HUTTER INGRID & ROBERT
  3. NG’OK MIMI LORAINE

BAHAMAS

  1. LAVAR FREDLIN MUNROE

MOZAMBIQUE

  1. KALA EURIDICE GETULIO

GHANA

  1. NANA POKU

EGYPTE

  1. MEKAWEI YARA
  2. EL MELEEGY YASMINE
  3. LIMOUD YOUSSEF
  4. NASR MOTAZ
  5. AMIN HEBA

AFRIQUE DU SUD

  1. BRONWGN KATZ
  2. NANDIPHA MAKHUBALO LINDWE
  3. SIMON GUSH
  4. LANGA MOSHKWA
  5. ROSE TRACY
  6. WALEHULERE KEMANG
  7. HISTORICAL ANNE

NIGERIA

  1. ABDULRAZAQ AWOFESO
  2. MODUPEOLA FADUGBA
  3. VICTOR EHIKHAMENOR
  4. FALAKUNLE OSHUM
  5. NKANGA OTONONG

RD CONGO

  1. MORIDJA KITENGE BANZA
  2. MAGEMA MICHELE
  3. PUME

ETHIOPIE

  1. WANJA KIMANI
  2. ESHETU THEO
  3. MULUNEH AÏDA

TUNISIE

  1. HÉLA AMMAR EP BEN BECHER
  2. MOUNA KARRAY
  3. YESMINE BEN KHELIL
  4. JEMAL SIALA MOUNA
  5. GASTELI JELLEL

PORTUGAL

  1. MONICA SOFIA

COTE D’IVOIRE

  1. FANNY (ABD-BAKAR) FRANCK
  2. GBRE FRANÇOIS XAVIER
  3. GOPAL DAGNOGO
  4. WATTS OUATTARA

MALAWI

  1. KAMBALU SAMSON

SOUDAN

  1. KHEIR ALA

MADAGASCAR

  1. ANDRIANOMEARISOA JOËL

ALGERIE

  1. KADER ATTIA

BURUNDI

  1. NTAKIYICA AIME

 

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 26 janvier 2016

 

 

 

 

 

Sidy Diallo (1986-2015) : l’élan brisé

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L’artiste-plasticien qui commençait à se forger une belle réputation, est décédé samedi 22 août 2015 à l’âge de 29 ans.

Sidy Diallo

Il s’était inscrit dans la lignée des héritiers de Yankhoba Diallo dit Jacob Yacouba (1947-2014), premier artiste-plasticien ressortissant de Tambacounda à être reconnu sur le plan international pour son travail. Il s’était armé des ingrédients essentiels pour réussir : le goût d’innover, le souci d’atteindre une certaine perfection dans la recherche d’une esthétique pouvant toucher le plus grand nombre.

Il fait son entrée remarquée dans le monde professionnel le 9 mai 2014, jour où il remporte, à 28 ans, le Prix de l’Organisation internationale de la francophonie de la onzième édition de la biennale de l’art contemporain de Dakar (Dak’Art). C’était la première reconnaissance publique pour un jeune artiste ambitieux, qui s’était promis d’incarner, à travers son talent et sa production, humilité dans la tenue, exigence et engagement dans la recherche.

A l’Ecole nationale des arts qu’il fréquente de 2009 à 2013 (major de la promotion ‘’Arts visuels’’), Sidy Diallo s’est forgé une identité et une personnalité artistiques propres : partir de points, pour tracer des lignes et développer un concept. Le panafricaniste qu’il était refusait cette idée que l’émigration par tous les moyens serait une solution aux problèmes de la jeunesse du continent. ‘’Renaissance 1’’, l’une de ses œuvres primées à l’occasion du Dak’Art 2014, était un appel à poser l’essor de l’Afrique sur des bases endogènes.

Pour la région de Tambacounda, où le potentiel créatif existe mais souffre d’un environnement pas très incitatif, Sidy Diallo était une lueur venue éclairer une partie du chemin vers des horizons d’espérance. Son élan s’est brisé ce samedi 22 août 2015 à Dakar. Il avait seulement 29 ans ! Repose en paix, Sidy.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 23 août 2015