Balla Sidibé

Orchestra Baobab : ‘’Tribute To Ndiouga Dieng’’, un nouveau disque, fin mars

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Tribute To Ndiouga Dieng est le titre du nouvel album de l’Orchestra Baobab, le premier depuis près de dix ans. Sa sortie est prévue le 31 mars 2017 chez World Circuit, maison de production anglaise qui a produit les trois précédents disques du groupe sénégalais.

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Pour lancer la promotion de son nouvel opus l’Orchestra Baobab a effectué du 31 janvier au 4 février 2017 une mini-tournée au Royaume Uni. Le disque est dédié à Ndiouga Dieng, membre du groupe décédé le 10 novembre 2016, à l’âge de 69 ans.

« Notre séjour devrait durer une semaine. Nous y allons pour trois dates. C’est pour lancer la promotion de notre album qui va sortir le 31 mars prochain », nous avait indiqué Balla Sidibé, membre du groupe, à la veille du départ du groupe, dimanche dernier. C’était deux jours après un spectacle donné au restaurant ‘’L’Endroit’’, à Dakar.

La tournée a débuté le 31 janvier par le Roundhouse, à Londres, et s’est poursuivie au Royal Concert Hall de Glasgow (2 février) pour se terminer au Howard Assembly Rooms de leeds (4 février), indique le site du producteur, sur lequel l’album Tribute to Ndiouga’’ est déjà en prévente.

Balla Sidibé nous a signalé que ce disque est composé de dix titres inédits. World Circuit a déjà sorti Foulo, un single extrait de l’opus. « Ce sont des titres dont je suis l’auteur. J’en ai chanté un avec Thione Seck et un autre avec Cheikh Lô », a précisé Sidibé, un des piliers de cette formation créée en 1970.

Enregistré au studio Moussa X, à Dakar, le nouvel album dédié à Ndiouga Dieng (1949-2016) est le quatrième produit par World Circuit, après Pirate’s Choice (décembre 1996), Specialist In All Styles (septembre 2002) et Made In Dakar (octobre 2007). L’Orchestra Baobab avait effectué son retour sur scène en 2001, consécutif à une ‘’pause’’ d’une quinzaine d’années.

De l’album ‘’Tribute To Ndiouga Dieng’’, World Circuit dit qu’il est dans le même style que les précédents fondés sur une symbiose de la musique afro-cubaine et des rythmes et mélodies du continent africain en général (chants wolofs, sérères et mandingues, rythmes et harmonies de la Casamance…) et d’influencesjazz.

L’artiste-chanteur sénégalais Ndiouga Dieng, auquel le disque est dédié, est l’un des piliers de l’Orchestra Baobab, décédé dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 novembre 2016, à Dakar, à l’âge de 69 ans. Dieng, héritier d’une longue lignée de griots, était une voix dont la force et la présence n’avaient d’égale que la puissance et la profondeur de la poésie des mots et messages qu’il a portés pendant plus de 45 ans.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 5 février 2017

 

Apéro festif avec l’Orchestra Baobab

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La prestation de l’Orchestra Baobab, le jeudi 29 décembre 2016, à l’Institut français de Dakar, dans le cadre du programme ‘’Apéro’’, a été à la fois émouvante et festive, à la hauteur des attentes d’un public qui s’est régalé pendant environ trois heures.

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Lorsque, à 19h 50, le saxophoniste Thierno Koité demande au public d’observer une minute de silence à la mémoire de Ndiouga Dieng, pilier de l’Orchestra Baobab décédé dans la nuit du 9 au 10 novembre 2016, l’émotion était à son comble dans les allées du restaurant Le Bideew, où les musiciens avaient donné rendez-vous aux mélomanes pour un apéro bien arrosé.

Emotion introductive prolongée par les premières notes de la soirée : Dee moo woor, composition du défunt sur la…mort, reprise, sur sa tonalité langoureuse et mélancolique, par son fils, Alpha Dieng, déjà membre du groupe. Titre de circonstance pour rendre hommage à ce pilier de l’orchestre, qui a marqué d’une empreinte indélébile l’histoire de la musique au Sénégal par la puissance de sa voix, la poésie de ses textes et la profondeur de ses messages, et dire que son œuvre lui survivra.

Il y a, dans les envolées du fils Alpha l’assurance que ces qualités artistiques sont, non pas égalées ou remplacées, mais prolongées. Il y avait des absents de taille (Ndiouga Dieng, Abdoulaye Mboup – décédés -, Rudy Gomis et Barthélémy Atisso), dont des compositions ont été jouées, mais le son du Baobab, lui, est là, inimitable ! Des rythmes et sonorités sur lesquels les spectateurs se sont dégourdis les jambes.

Dans la disposition des instrumentistes et l’occupation de la scène, Balla Sidibé (chant et timbales), est celui qui, placé au centre comme toujours, donne le ton. Issa Cissokho (saxophone ténor), Thierno Koité (saxophone alto), Yakhya Fall, Ass Diouf (guitares), Mountaga Koité (percussions), Charlie Ndiaye (bass)…sont là pour offrir un spectacle bien huilé. Si bien qu’ils enchaînent les titres repris en chœur par une grande partie du public : Sutukun, Utru Horas, Jaraaf, Ndiagagnao…

Après ce cinquième morceau (Ndiagagnao), la présence du pianiste et jazzman africain-américain Randy Weston est signalée dans la salle. A peine les spectateurs ont-ils fini d’applaudir que la soirée s’enchaîne avec Ndeleng-Ndeleng, Jiin ma Jiin ma, Papa Ndiaye. Puis vient ce qui peut être qualifié de moment ‘’politique’’ avec les titres joués en hommage à Che Guevarra, Lamine Guèye (premier président de l’Assemblée nationale du Sénégal), et dont la tonalité apaisée n’a pas pour autant calmé les ardeurs des mélomanes…

Tukki-Tukki, Bul ma miin (avec un Issa Cissokho de feu au saxophone), On verra ça, entre autres, ont conclu l’apéro consommé sans modération par un public qui scandait, après que les musiciens avaient commencé à ranger leurs instruments : « Un dernier ! Un dernier ! ».

Balla Sidibé et ses compagnons sont alors remontés sur scène pour reprendre un bout de Bul ma miin. Comme pour boucler la boucle, encore un titre de Ndiouga Dieng, dont l’ombre et l’esprit ont plané sur ce spectacle inscrit au programme des rendez-vous de ces derniers de l’année 2016. Le prochain est fixé au Just 4 U, le 31 décembre. Ceux qui vont faire le déplacement verront que, au même titre que l’arbre emblématique qui donne son nom à la formation musicale – hérité du nom de la boîte de nuit où elle a fait ses débuts – bourgeonne toujours de fraîcheur et de mélodies entraînantes.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 31 décembre 2016