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« Tribute To Ndiouga Dieng » de l’Orchestra Baobab : le souffle continu d’un esprit

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Le nouvel album de l’Orchestra Baobab, Tribute To Ndiouga Dieng, sorti le 31 mars 2017 chez World Circuit, porte et perpétue le souffle d’un esprit de création fondé sur la rencontre et la fusion de mélodies africaines et de sonorités afro-cubaines.

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Les influences cubaines, à la source desquelles le groupe a toujours puisé pour créer sa musique, sont présentes dans ce nouveau disque enregistré entre Dakar et Londres. Dix titres qui portent la marque d’une formation dont le son et la ligne défient le temps et font danser des générations successives de mélomanes.

Les années passent mais il y a la constance dans une démarche artistique ancrée, comme les racines de l’emblématique baobab le sont dans la terre, dans une profondeur de sens qui en assure sa pérennité. La discrète mais essentielle ligne de basse de Charly Ndiaye, un des socles de sagesse sur lesquels le groupe s’appuie, est là. Il y a aussi l’énergie du percussionniste et batteur Mountaga Koité, le souffle des saxophonistes Issa Cissokho et Thierno Koité, les guitares de Yakhya Fall et René Sowatché, nouveau pensionnaire de la maison, le trombone de Wilfried Zinsou.

Pour Tribute To Ndiouga Dieng, premier produit discographique du groupe depuis 2007, l’Orchestra Baobab a invité Cheikh Lô à chanter avec Balla Sidibé sur Magnokouto. Il a aussi rappelé Thione Seck, qui y a fait ses débuts dans la musique sénégalaise dite moderne, pour faire apprécier sa maîtrise vocale sur Sey. Dans tous ces titres, le groupe fait apprécier une identité bâtie, depuis 1970, sur ce mariage entre sonorités latino-cubaines et des mélodies de différentes aires culturelles du continent.

Cet opus a, dans son ensemble – mis à part le morceau Sey, un ancrage en Casamance. Il doit cette couleur au fait que les neuf autres morceaux ont été réarrangés par Balla Sidibé, originaire de cette partie du Sénégal située dans l’ancien royaume du Gaabu. Et pour mieux graver cette empreinte, qui mieux que le joueur de kora Abdoulaye Cissokho dit Baboulaye, nourri à cette sève et sensible à l’option de faire se rencontrer et faire dialoguer des univers artistiques ? Son doigté, comme un fil rouge, tisse un lien puissant entre les dix morceaux de cet album dédié à un ancien du groupe, Ndiouga Dieng (1947-2016).

Ses notes transmettent par ailleurs un hommage mérité à toute la lignée de griots que le Gaabu a produits – anonymes ou connus comme le légendaire Lalo Kéba Dramé – et dépositaires d’un patrimoine d’histoires contées et chantées. Et quand on y ajoute la justesse avec laquelle les cuivres sont valorisés, on est réconcilié avec cette idée que la musique rendue est le résultat d’un savant dosage entre maîtrise instrumentale et vocale, et talent dans les arrangements.

Tribute To Ndiouga Dieng, c’est aussi les références à cette période d’effervescence culturelle postindépendances, dont la Guinée dirigée par Sékou Touré a été le symbole et l’exemple pour l’Afrique de l’Ouest. Toutes choses qui assoient la permanence d’un son, d’une marque, d’une époque où la musique était – elle l’est un peu moins aujourd’hui – dans cet esprit d’affirmation d’une présence.

Et que dire de la prestation de Balla Sidibé, lead-vocal sur neuf des dix titres ? Maître d’œuvre dans la réalisation du disque, ce pilier du Baobab réussit, avec, par exemple, Foulo, Fayinkounko, Natalia (belle réplique de Rudy Gomis à Balla Sidibé), et surtout Caravana, à faire atteindre à sa voix des sommets que les mélomanes avertis percevront certainement dès la première écoute.

De Tribute To Ndiouga, on peut dire sans risque de se tromper, en reprenant le guitariste et composteur guinéen Manfila Kanté (1946-2011) à propos de l’album M’Bemba de son ami Salif Keita : « Ceux qui veulent danser seront satisfaits. Ceux qui ne veulent pas trop de boucan seront satisfaits. Et ceux qui veulent de la poésie seront satisfaits ». C’est dit !

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 7 avril 2017

Saint-Louis Jazz 2017 : une vingt-cinquième édition Deluxe

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La 25-ème édition du Festival international de jazz de Saint-Louis, prévue du 24 avril au 1er mai 2017, par sa programmation IN exceptionnelle, fait renouer la manifestation avec une merveilleuse tradition d’accueil de grosses pointures reconnues et admirées de la musique, qui croisent des ‘’découvertes’’ et des talents prometteurs. 

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Le bassiste et compositeur africain-américain Marcus Miller, ses compatriotes Stanley Clarke (guitariste), Lisa Simone (chanteuse), le Congolais Lokua Kanza, le Gambien Jalibah Kuyateh, le Sénégalais Baaba Maal viendront, pour la 25-ème édition de Saint-Louis Jazz, qui s’ouvre le 24 avril 2017, inscrire leur nom sur une longue liste de grands noms ayant marqué la passionnante histoire du festival.

Pour cette édition aux dimensions spéciales, l’association organisatrice ne pouvait pas trouver meilleure affiche pour la clôture, le 1-er mai 2017, que l’auteur-compositeur Baaba Maal, dont le soutien au festival est connu. En 2016, alors que des velléités d’une autorité administrative menaçaient la tenue du festival, il était venu réaffirmer l’importance de la manifestation dans l’agenda culturel national.

Cette année, pendant huit jours, les artistes programmés vont se succéder sur la scène de la Place Faidherbe. Ils marcheront sur les pas de nombreuses autres grandes voix qui ont fait l’histoire de ce festival international dont la première édition a eu lieu en 1993.

Saint-Louis Jazz a, à son tableau de chasse, Wasis Diop, l’Orchestra Baobab, l’Orchesta Aragon, Roy Haynes, Louis Sclavis, Archie Shepp, le tambour-major Doudou Ndiaye Rose, l’énergique Femi Kuti, Horace Parlan, le virtuose Soriba Kouyaté, Youssou Ndour, Cheikh Lô, le légendaire pianiste Randy Weston, Lucky Peterson, Richard Bona, Jack DeJohnette, Elvin Jones, Mc Coy Tyner, le génial Ali Farka Touré, Habib Faye, Elvin Jones, Abdoullah Ibarhim, Gana Mbow, Joe Zawinul, Manu Dibango, Pharoah Sanders, Ray Lema, etc.

Bon dosage de la programmation

Cette vingt-cinquième édition du Festival international de jazz de Saint-Louis offre une galaxie d’étoiles de la musique, entre instrumentistes, compositeurs de génie, et chanteurs aux mélodies qui font voyager dans différents univers. Sa programmation, très équilibrée, a été bien étalée dans l’agenda de la semaine. Avec deux prestations par soirée, entre 21h et 00h.

Les mélomanes, déjà impatients, devraient très vite oublier la cérémonie protocolaire d’ouverture, le 24 avril, quand le virtuose Assane Thiam, l’un des dépositaires les plus respectés du ‘’tama’’ (tambour d’aisselle) et le génial joueur de kora gambien Jaliba Kuyateh – qui a imprimé sa marque personnelle à son jeu de cet instrument-totem de l’ancien empire du Mali – auront servi leurs vibrations et rythmes. Quelle belle alchimie cela devrait être que ce dialogue à distance entre deux instruments qu’on fait parler pour porter, prolonger des messages et des valeurs qui cimentent une certaine idée du vivre-ensemble.

Pour un programme qui s’étalera pour la première fois sur huit jours, au lieu des cinq habituels, les festivaliers devraient apprécier la diversité et la variété des propositions musicales de ces invités de marque, allant du jazz ouvert et innovant de Marcus Miller, les rythmes et mélodies mandingues de Jalibah Kuyateh.

Entre Lokua Kanza, ses compositions, arrangements et sa douce voix, et le bassiste Marcus Miller, aux inspirations artistiques multiples et précises, Alune Wade, Stanley Clarke – qui oscille entre jazz, rock et funk – Nancy Murillo et le son afro-latin de sa Colombie natale, la guitare et les arrangements de Hervé Samb, attendu pour son spectacle avec Lisa Simone, Lucky Peterson, Monty Alexander and The Harlem Kingston Express, le pianiste Jacky Terrasson, entre autres, ça devrait voler très haut, entre mardi 25 et le dimanche 30 avril… Toutes performances qui devraient certainement inscrire cette édition 2017 dans le marbre et en faire, il faut l’espérer, un tournant vers une professionnalisation pour un festival qui attire le public, mais qui, dans son organisation, n’est pas à la hauteur de sa réputation.

La programmation complète de Saint-Louis Jazz 2017 (http://www.saintlouisjazz.org/catevenement/in/)

LUNDI 24 AVRIL / = 20h : cérémonie d’ouverture ; = 21h : Assane Thiam ‘Tama’’ ; = 23h : Jaliba Kuyateh

MARDI 25 AVRIL / = 21h : Lokua Kanza ; = 23h : Marcus Miller

MERCREDI 26 AVRIL / = 21 h : Shahin Novrasli ; = 23h : Monty Alexander and The Harlem Kingston Express

JEUDI 27 AVRIL / = 21h : Nakodje ; = 23h : Lisa Simone & Hervé Samb

VENDREDI 28 AVRIL / = 21h : Alune Wade ; = 23h : Nancy Murillo

SAMEDI 29 AVRIL / = 21h : Jacky Terrasson/Stephane Belmondo ; =23h : Stanley Clarke Band

DIMANCHE 30 AVRIL / = 21h : Diknu Schneeberger ; = 23h : Lucky Peterson

LUNDI 1ER MAI / = 21h : Baaba Maal & le Daande Leñol

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 22 avril 2017

« Jiw », l’album-semence de Sahad & The Nataal Patchwork

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Lancé le 25 mars 2017, l’album Jiw, le premier de Sahad & The Nataal Patchwork, est à la fois l’aboutissement d’un long chemin de quête et de recherches et le point de départ d’une aventure d’exposition d’une idée de la pratique artistique.

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Il y a bien sûr de l’inspiration, de la créativité, des mots et des mélodies de cet album qu’on aura du mal à classer dans un tiroir ou un rayon. Mais il y a aussi et surtout une forte dose d’images ayant un rapport à la terre, à la culture, à l’histoire et à une cosmogonie dont les traits sont visibles à travers l’iconographie du produit.

La profondeur de champs des photos de couverture de Jiw place d’emblée l’univers du groupe dans les contours d’un espace plus grand, commun à des hommes et des femmes de diverses origines et cultures. Le centre de ce cercle que dessinent Sahad Sarr et ses amis se trouve en eux. Dans le processus de création d’une œuvre artistique ou d’un discours, le lieu d’où l’on parle est important.

‘’Nataal Patchwork’’, le miroir qui renvoie à la diversité des mélodies et sonorités qui se croisent dans la proposition musicale du groupe – lequel puise à toutes les sources – se nourrit de tous les vents qui fécondent son projet. La voix quasi métallique de Sahad Sarr est posée sur des rythmes ancrés dans une tradition d’airs africains – d’Afrique de l’Ouest, notamment. Ils s’inscrivent dans ce cadre qu’ils prolongent en sérère, wolof, anglais et français. La tonalité thématique de l’album est contemporaine, abordant des questions sociales, politiques…

Jiw, c’est huit ans de recherches, de réflexions, de questionnements qui seraient le résultat d’une humanité de luttes et d’engagements. L’être humain est au centre du cercle du groupe sénégalais. Ce cercle est le symbole d’une introspection. Jiw c’est aussi l’espoir que l’on place dans la graine plantée dans la terre. Ça prend les contours d’une métaphore, pour dire que chaque individu, mis dans les conditions de mettre en valeur ses potentialités intrinsèques, peut s’affirmer et contribuer à changer positivement la société dans laquelle il vit.

Salaamaleg, fort opportunément, ouvre l’album – sur des auspices d’une paix espérée, à Faagaagal, un appel à explorer les richesses intérieures présentes en chaque être humain, en passant par le très politique Indépendance/Dipàndaa, qui questionne le désir d’autonomie et de souveraineté culturelle et économique souhaitée et célébrée…

Cette tonalité, artistiquement, socialement et politiquement engagée est dans les autres titres de ce disque qui procure fraîcheur, énergie et foi en la possibilité, pour la musique de faire bouger des lignes. N’est-ce pas Fela Anikulapo Kuti, une des sources d’inspiration du groupe, qui disait que « la musique est une arme » ?

A l’écoute, le mélomane peut sentir la justesse et la précision dans les harmonies et les arrangements, le talent dans la création d’un univers artistique où se croisent cadences d’afrobeat, mélodies mandingues et sérères, sonorités peul, rythmes wolof, soupçons de rock et vibrations jazzy.

Dans sa promenade, le groupe explore des expressions artistiques (contes, récits…) dont chacun est, depuis des millénaires, un moyen de raconter des histoires, de toucher les âmes et de les conscientiser. Sur scène – cela se voit depuis plus de cinq ans maintenant – le groupe offre un spectacle total dont la mise en scène en dit long sur les ambitions légitimes de musiciens ayant des choses à dire.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 3 avril 2017

 

KOUDOUGOU Doc : quatrième édition, du 25 au 29 avril 2017  

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La quatrième édition des Rencontres documentaires de Koudougou (KOUDOUGOU Doc) s’ouvre le 25 avril 2017 par la projection de Koudougou ma cité, une réalisation collective résultant d’ateliers du cinéma organisés en 2016, indiquent les organisateurs dans un communiqué. Une quinzaine de films (courts et longs métrages) seront projetés à différents endroits de la ville située à une centaine de kilomètres de la capitale, Ouagadougou. Le festival est organisé par l’association du même nom.

Le programme des projections                              

Mardi 25.04.2017
Quartier Général KOUDOUGOU Doc (Ex-permanence du secteur 1)
19h 00 Cérémonie officielle d’ouverture
20h 00 Koudougou ma Cité

Réalisation collective, atelier des métiers du cinéma 2016- Burkina Faso – 13mn

20h 30 LES SILENCES DE LYDIE de  Aissata Ouarma – Burkina Faso- 52mn

En présence de la réalisatrice

Mercredi 26.04.2017
Quartier Général KOUDOUGOU Doc (Ex-permanence du secteur 1)
20h 00 ICI, PERSONNE NE MEURT de Simon Panay – France –  23mn
20h 30 AGROBUSINESS, LES ASSOIFFES DE TERRES d’Abdoul Aziz Nikièma -Burkina Faso 44mn En présence du réalisateur
Cité Universitaire Fasotex
20h 00 JOB, réalisation collective, atelier des métiers du cinéma 2016 – Burkina Faso – 13mn
20h 30 KEMTIYU Cheikh Anta d’Ousmane William Mbaye – Sénégal – 96mn

En présence de Abdoulaye Diallo, coordonnateur du festival Ciné Droit Libre

Jeudi 27.04.2017
Quartier Général KOUDOUGOU Doc (Ex-permanence du secteur 1)
20h 00 LES COMBATTANTS DU POIL SACRE de Florian Vallée – Belgique – 27mn
20h 30 I AM THE BLUES, les derniers démons du blues  de Daniel Cross –Canada – 102mn
Cité Universitaire Fasotex
20h 00 ONE MILLION STEPS d’Eva Stotz – Allemagne – 20 mn -En présence de la réalisatrice
20h 30 THE REVOLUTION WON’T BE TELEVISED de Rama Thiaw – Sénégal – 92mn

En présence de Serge Bayala, membre du cadre deux heures pour nous deux heures pour l’Afrique

Vendredi 28.04.2017
Quartier Général KOUDOUGOU Doc (Ex-permanence du secteur 1)
19h 45 ONE MILLION STEPS d’Eva Stotz – Allemagne – 20 mn – En présence de la réalisatrice
20h 00 LES COMBATTANTS DU POIL SACRE de Florian Vallée – Belgique – 27mn
20h 30 LE REVEIL DE L’ELEPHANT de Souleymane Drabo – Burkina Faso –  68mn

En présence du réalisateur

Cité Universitaire Fasotex
20h 30 ESPOIR DEMOCRATIE de Gidéon Vink, Inoussa Kaboré, Abdoulaye Diallo–

Burkina Faso – 86 mn – En présence d’un des  réalisateurs

Samedi 29.04.2017
Quartier Général KOUDOUGOU Doc (Ex-permanence du secteur 1)
19h 30 Court-métrages de l’atelier des métiers du cinéma 2017 env. 30mn
20h 00 Cérémonie officielle de clôture
20h 30 ESPOIR DEMOCRATIE de Gidéon Vink, Inoussa Kaboré, Abdoulaye Diallo

Burkina Faso – 86 mn – En présence d’un des  réalisateurs

 

Dakar, le 18 avril 2017

Sénégal/Cinéma/Fopica 2016 : 38 projets retenus pour financement

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Quelque 38 projets ont été retenus pour financement dans le cadre de la gestion 2016 du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (FOPICA). Les résultats de la délibération ont été proclamés le mardi 11 avril 2017 au cours d’une cérémonie qui s’est tenue à la Maison de la Culture Douta Seck, sous la présidence du ministre de la Culture, Mbagnick Ndiaye. Les collèges des lecteurs ont planché sur les secteurs suivants : Distribution Exploitation et Formation ; longs métrages fiction ; documentaires unitaires ; courts métrages fiction ; séries télévisuelles. Les membres des différents collèges ont procédé, entre septembre et décembre 2016, à l’évaluation des dossiers de projets qui leur ont été remis. Les plénières entre chacun de ces différents collèges et le Comité de gestion ont été organisés, permettant de délibérer et retenir les projets pour financement.

Voici le détail du rapport du secrétariat permanent du FOPICA présentant les projets sélectionnés, pour la gestion 2016.

Le Comité de gestion est composé de :

Madame :

  • GUEYE Henriette DIENG, représentante du Ministère de l’Economie et des Finances

Messieurs :

Mbagnick NDIAYE, Ministre de la Culture et de la Communication, Président du Comité de gestion ;

Hugues DIAZ, Administrateur  des crédits du FOPICA ;

Hamidou DIA, représentant la Présidence de la République ;

Seydina A.S. NDIAYE, représentant la Primature

Elhadj Souleymane DIOUF, DAGE du Ministère de la Culture et de la Communication

Ndiouga Moctar BA, producteur de films.

Cheikh Ngaïdo BA, Réalisateur de films ;

Khalilou NDIAYE, Distributeur de films ;

Makhète DIALLO, Technicien du film ;

Malick AW, Exploitant de salle de cinéma ;

Abdel Aziz BOYE, Formateur aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel ;

Baba DIOP, Critique de cinéma

Abdoul Aziz CISSE, Secrétaire Permanent du Comité de gestion du FOPICA

Collaborateurs :

Sokhna GAYE, Gestionnaire FOPICA

Suzanne Dior DIONNE, Assistante du Secrétariat permanent

Khadim TALLA, informaticien

La gestion 2016 du Fonds de Promotion de l’Industrie Cinématographique et Audiovisuelle (FOPICA) a connu deux appels à projets.

Le premier qui a concerné la filière de la production a été lancé le 20 décembre 2015 avec comme date limite de dépôt des dossiers, le 30 mars 2016. A la demande générale des professionnels du secteur cinématographique et audiovisuel, cette date limite a été repoussée au 1er juillet 2016. Une tournée nationale d’information et de sensibilisation a été organisée du 21 au 30 juin 2016 sur la quasi-totalité des régions du Sénégal. Quatre-vingt-quatorze (94) projets de production de films ont été reçus dans le cadre de cet appel. Ils se répartissent comme suit :

Le second appel à projet, concernant les filières de la distribution, de l’exploitation et de la formation a été lancé le 1er juin 2016 et clôturé le 1er août 2016. Quarante-huit (48) projets ont été reçus dans le cadre de ce second appel.

Ainsi, pour la gestion 2016, le nombre total de dossiers de projets reçus, toutes filières confondues, est de cent trente sept (137).

Le budget global de tous les projets présentés est de  25 361 290 804 francs CFA. Le montant total sollicité du FOPICA est de 5 474 520 003 francs CFA, soit 23, 98% du coût global des projets présentés.

Origine géographique des projets

Pour ce qui concerne la localisation des projets, nous pouvons noter un accroissement qui montre que la tournée nationale organisée a permis aux acteurs du secteur cinématographique et audiovisuel, surtout ceux résident dans les régions de l’intérieur de mieux cerner les enjeux et opportunités que représente la mise en place de ce fonds. Ainsi, nous avons :

Dakar 97
Thiès 11
Ziguinchor 6
Saint Louis 4
Podor 2
Kaolack 2
Fatick 3
Diourbel 1
Tambacounda 1
Etats unis 1
France 2
Belgique 1
Côte d’Ivoire 1
Maroc 5

Le Comité de gestion du FOPICA a mis en place une commission de dépouillement qui, du 11 juillet au 24 août 2016, a procédé à la vérification minutieuse de la conformité des différents dossiers de candidatures par rapport aux canevas dégagés dans les différentes filières. Cette première étape du processus de sélection des projets en compétition  a permis de retenir soixante-quinze (75) projets qui se sont révélés conformes.

Par la suite, le Comité de gestion a mis en place les collèges de lecteurs suivants : Distribution Exploitation et Formation ; Longs métrages fiction ; Documentaires unitaires ; Courts métrages fiction ; Séries télévisuelles.

Certains membres des différents collèges sont dans la salle. Pour des raisons de confidentialité, nous préférons ne pas les citer.

Entre les mois de septembre et décembre 2016, ces différents collèges de lecteurs ont procédé à l’évaluation des dossiers de projets qui leur ont été remis. Par la suite, des plénières entre chacun de ces différents collèges et le Comité de gestion ont été organisées. Cela a permis de délibérer et retenir trente-huit (38) projets pour financement.

LES PROJETS FINANCES

I ) DISTRIBUTION

Projet Auteur Structure Montant
1 Distribution de films – Marodi Serigne Massamba Ndour Marodi Sénégal SUARL 50 000 000

II) EXPLOITATION

Projet Auteur Bénéficiaire Montant
1

 

Projet MK Ciné Numérisation du Cinéma Christa Malick Aw MK Ciné 75 000 000
2 Le réseau  cinéma : le Sitoë Jo Gay Ramaka Gorée Island Cinéma 75 000 000
3 Projet de rénovation et de modernisation du cinéma Médina Abdoulaye Mbengue Médina Ciné Promo 50 000 000
4 Complexe Bada Ciné Alioune Diagne Badarsen Media SARL 75 000 000

III) FORMATION

Projet Auteur Bénéficiaire Montant
1 Scénario pour  tous Assane Diagne Filmi Darou Wahab 14 920 000
2 Projet de développement du cinéma et de l’audiovisuel dans la région de Diourbel Ibrahima Ngom Centre Culturel Régional de Diourbel 15 000 000
3 Formation en image et son René Gueye IMAGICOM SARL 10 000 000
4 Session de formation au métier de cinéma et de l’audiovisuel Mansour Kébé Image et Vie 10 000 000
5 Fotti – Formation cinématographique et audiovisuelle François Yves Preira Fotti Cultures 15 000 000
6 Les maîtres d’arts Ousmane Faye GIE Katiciaka Communication 10 000 000
7 Projet de formation à la réalisation de film d’animation dans le cadre de la 3ème édition festival Casa Ciné Coumba Sarr Cinéma Numérique Ambulant Sénégal 10 000 000
8 Formation aux métiers de cinéma et de l’audiovisuel à Thiès. Maguette Thiam Colombe Vision 10 000 000

IV) ACCOMPAGNEMENT DES APPRENANTS

Nature de la formation Bénéficiaire Structure Montant
1 Formation en montage Cinéma et audiovisuel Maïmouna Yacine Diallo École Supérieure des Arts Visuels de Marrakech 3 371 940
2 Formation en montage Cinéma et audiovisuel Aïssata Dieynaba Sall École Supérieure des Arts Visuels de Marrakech 3 371 940
3 Master en graphisme audiovisuel Ousseynou Diagne Seck École Supérieure des Arts Visuels de Marrakech 2 648 820
4 Formation à l’ESAV Papa Babacar Sy École Supérieure des Arts Visuels de Marrakech 3 371 940
5 Formation à l’ESAV Serigne Cheikh Tidiane Fadera École Supérieure des Arts Visuels de Marrakech 3 371 940

V) AIDE AU DEVELOPPEMENT DE PROJETS DE FILMS

Projet Bénéficiaire Structure Montant
1 De pulpe et d’orange Amadou Saloum Seck Azanie films Développement

3 000 000

2 Xon (pratiques occultes) Akela Sagna Akela King Prod Développement

3 000 000

3 Nioul ak xées Adama Bineta Sow Adam Bine Soh Productions Développement

3 000 000

4 Que ça reste entre nous Saliou Ndiaye Dianké Production Développement

3 000 000

5 Le silence de l’aïeul Mariama Sylla Guiss guiss Communication Développement

3 000 000

6 Tama messenger Alioune Mbow Mbowson Audio Développement

3 000 000

7 Karmen : Autopsie d’une crise Alassane Diagne Ramatou Medias Développement

3 000 000

8 Les jeunesses africaines Moussa Touré Les films du crocodile Développement

3 000 000

9 Les yeux de Nabil Khadidiatou Sow Cinékap Développement

3 000 000

10 Galaye et Bamba Fabineta Diop Groupe Lydel Com Développement

3 000 000

VI) SERIES TV

Projet Auteur Bénéficiaire Montant
1 Les aventures de Djuju & Kady Yancouba Diémé et Fatoumata Bathily Sempera Production 30 000 000
2 Dérapage Abdou Lahad Wone Buzz Studios 30 000 000

VII)   COURTS METRAGES FICTION

Projet Auteur Bénéficiaire Montant
1 15 francs par jour Fidèle Diémé Jascom Production 20 000 000
2 Le cadeau Mor Talla Kadji Sine films 10 000 000

VII   DOCUMENTAIRES

Projet Auteur Bénéficiaire Montant
1 Tcheky Abdou Lahat Fall Sine films 20 000 000
2 Une histoire du franc CFA Katy Lèna Ndiaye Mood Indigo 40 000 000

IX) LONGS METRAGES FICTION

Projet Auteur Bénéficiaire Montant
1 Adama et Awa Moussa Sène Absa Set Bët Set 65 000 000
2 L’otage du fleuve Nicholas Sawalo Cissé Niciss Group 60 000 000
3 La prochaine fois le feu Maty Diop Cinékap 50 000 000
4 Le procureur Christian Thiam Mediatik Communication SA 60 000 000

Dakar, le 11 avril 2017

Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle

 

Dak’Art 2018 : appel à candidatures lancé

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Le lancement de l’appel à candidatures  pour l’exposition internationale de la treizième édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’Art, mai-juin 2018) constitue une nouvelle étape dans la mise en place des différents éléments d’organisation de la manifestation. Il survient après l’installation, le 8 mars 2017, du comité d’orientation. Composé de 14 membres, il est dirigé par le même président qu’en 2016, Baidy Agne. Le directeur artistique de la douzième édition (2016), le Camerounais Simon Njami, a été, lui aussi, reconduit. Le thème de l’édition 2018 du Dak’Art est : ‘’l’heure rouge’’.  

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APPEL A CANDIDATURES

L’Exposition internationale de la treizième édition de la Biennale de l’art africain contemporain est ouverte uniquement aux artistes africains et de la diaspora. Ces derniers doivent faire parvenir un dossier de candidature dûment rempli et les documents requis, décrits ci-dessous, réunis sur un disque CD à envoyer par email à l’adresse candidatures2018@biennaledakar.org et par courrier postal avant le 31 juillet 2017 au Secrétariat général de la Biennale de Dakar, sis au 19 avenue Hassan II 1er Etage. BP: 3865. Dakar Sénégal.

Ce dossier doit comprendre obligatoirement :

  1. le formulaire de candidature dûment rempli;
  2. une biographie de 15 lignes maximum en français et en anglais;
  3. un curriculum vitae détaillé;
  4. deux photos d’identité récentes en haute résolution;
  5. une copie scannée du passeport en cours de validité jusqu’en fin 2018
  6. cinq reproductions en haute définition (300dpi pour 30×50 cm) d’œuvres datant au plus de janvier 2016 (propriété de l’artiste) sur support papier ou numérique (photographies, DVD, CD). La mention du nom du photographe est obligatoire de même que celle de la date de création;
  7. un texte de présentation des œuvres et leur fiche technique (références des pièces, titre de l’œuvre, dimensions, matériaux, valeur de l’œuvre et assurance, adresses des lieux de provenance et de livraison des œuvres à l’issue de la biennale 2018);
  8. des copies d’articles de revues d’art et de textes critiques sur l’œuvre de l’artiste, d’un ou de plusieurs témoignages d’experts reconnus (facultatives).

Les points 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7 sont obligatoires. Le NON RESPECT de ceux-ci constitue un motif de rejet du dossier.

Secrétariat Général de la Biennale de l’Art africain contemporain

Dakar, le 7 avril 2017

 

Agenda/Culture – Semaine du 30 mars au 6 avril 2017

Publié le Mis à jour le

Evénements, activités artistiques et culturels du jeudi 30 mars au jeudi 6 avril 2017.

=== JEUDI 30 MARS 2017

== 17 HEURES, IAM, Mermoz, Dakar : rencontre avec le journaliste Ibou Fall, directeur du journal satirique Le petit’railleur sénégalais, dans le cadre de ‘’Littér’ataya’’, le café littéraire de l’IAM.

== 18 HEURES, Fondation Konrad Adenauer, Mermoz, Dakar : projection du film ‘’Arrêts sur elles’’, de Maimouna Eliane Thior.

== 18H 30, Goethe Institut, Point E, Dakar : rencontre-débat sur ‘’cultures urbaines, cultures masculines ?’’, dans le cadre des sessions de l’afterwork SN Art. Invitées : Fatou Kandé Senghor (cinéaste), Dieynaba Sidibé (Zeinix, slameuse) et Mariama Touré (chorégraphe).

=== VENDREDI 31 MARS 2017

== 19H 30, Goethe Institut, Point E, Dakar : Nix présente son nouvel album, ‘’L’art de vivre’’, dans le cadre du programme ‘’Music & More’’. Pour ce nouveau disque, l’artiste s’est entouré des très expérimentés Mao Sidibé, Jean Pierre Senghor, Flag The Name, Tibass.

== 20 HEURES, Complexe Gaïndé, Hann Marinas, Dakar : Soirée-anniversaire de Vieux Mac Faye et du Mac Show Band. L’artiste fête quatre décennies de présence sur la scène musicale sénégalaise. Parrain : Ismaël Lô. Artistes invités : Carlou D, Souleymane Faye, entre autres.

== 21 HEURES, Institut Aula Cervantes, Avenue Cheikh Anta Diop, Dakar : ‘’Musica Rek : Medley project’’. Réunion de jeunes talents guinéens et sénégalais sous le leadership du guitariste Sarro ! King Albilal (Dance Hall), Sipaile (Reggae) et Gaza Killer (Dance Hall). Ils partageront le plateau avec les groupes sénégalais Issa La Révélation (Afro Mbalax), Malou P (Afro Urbaine), Tijani Sen Saafara (Rap) et Fizalo (Reggae). Sarro et son orchestre accompagneront le plateau.

=== 31 MARS – 2 AVRIL 2017

== Du 31 mars au 2 avril, Tambacounda : 12ème édition du Battle National – Danse Hip Hop sous le thème ‘’Innovons !  Fit rek !!’’ ; Co-organisée par le Réseau des Cultures Urbaines de Tambacounda en partenariat avec le Centre Culturel de Tambacounda, les autorités locales et divers partenaires. Au programme : -La présélection breakdance, le 31 mars au Centre culturel régional de Tambacounda ; -La Soirée culturelle, le 31 mars, 21h, au Terrain de la Gare ; -La finale, le 1er avril 2017, 19h, au Terrain de la Gare ; -La 4ème édition du Battle Of The Year Sénégal, la qualification pour le championnat du monde, le 2 avril 2017, à 18h, au Terrain de la Gare.

=== 31 MARS – 2 AVRIL 2017

Centre culturel Blaise Senghor, Dakar : VSD Hip-Hop — Divers ateliers (écriture de projet, slam, Dj, graff, danse, Musique assistée par ordinateur…), vente d’album, exposition Street Wear… ; demi-finale du concours Flow Up ; Concerts, lancement du concours Citizen Mic, conférences, Battle Danse, Battle Dj…

=== DU 31 MARS AU 3 AVRIL 2017

== Fatick : sixième édition des journées culturelles sérères, sous l’égide de l’Union des associations culturelles sérères Ndef leng, structure coordonnatrice de 45 associations de villages ou groupes de villages. La manifestation est, selon les organisateurs, ‘’une occasion de mise en valeur et de promotion de la culture sérère dans sa diversité’’.

=== SAMEDI 1er AVRIL

== 16 HEURES, Hôtel Radisson, Dakar : avant-première du film documentaire Maïmouna Kane : femme d’Etat et d’action réalisé par Cheikh Adramé Diop. Maïmouna Kane a été secrétaire d’Etat à la Condition féminine et ministre du Développement social, « sous les régimes » de Léopold Sédar Senghor (1960-1980) et d’Abdou Diouf (1981-2000).

== 16 HEURES, Espace L’Harmattan (salle Amady Aly Dieng), VDN, Dakar : cérémonie de présentation du livre 13 vies rêvées de Cheikh Mouhamed Diop. Intervenants : Pr. Ousseynou Faye (Faculté des lettres, Université Cheikh Anta Diop), Moussa Diop, journaliste, responsable éditorial de Soleil Diaspora.

== 21 HEURES, TenBi, Thiaroye : Yauur Events présente Baye alias 2 Fou. Une vingtaine d’artistes et de groupes invités.

==  23 HEURES, Just 4 U, Avenue Cheikh Anta Diop, Dakar : lancement exclusif du nouvel album de l’orchestra Baobab, Tribute To Ndiouga Dieng.

=== LUNDI 3 AVRIL

== 16 HEURES, Galerie nationale, Avenue Hassan II, Dakar : vernissage de l’exposition intitulée  »l’indépendance ? », du collectif D’Click. L’activité est prévue du 1er au 18 avril 2017. Parrain : Baidy Agne ; Commissaire : Viyé Diba.

== 20 HEURES, Esplanade de Keur Massar (en face de la société SEDIMA) : projection du film documentaire President Dia, d’Ousmane William Mbaye.

== 23 HEURES, Vogue, Route des Almadies, Dakar : prestation live d’Elage Diouf.

== 23 HEURES, Just U, Avenue Cheikh Anta Diop, Dakar : salsa indépendance avec Balla Ndiaye.

=== MERCREDI 5 AVRIL

== 17H 30, Raw Material Company, Zone B, Dakar : conférence inaugurale de la RAW Académie, Session 2, sous la direction de Chimurenga (plateforme éditoriale basée à Cape Town en Afrique du sud)

=== JEUDI 6 AVRIL

18 HEURES, Goethe Institut, Point E, Dakar : ‘’Autour de la photographie’’ avec Ousmane Dago, photographe, graphiste et designer. Echanges sur sa démarche artistique, son esthétique centrée sur le corps de la femme.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 29 mars 2017

Sénégal : pétition pour le respect des règles de transcription des langues nationales

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L’Association panafricaine pour l’alphabétisation et l’éducation des adultes (PAALAE), basée à Dakar, a lancé une pétition intitulée «stop au sabotage des langues nationales » pour dénoncer le fait que celles-ci sont « piétinées quotidiennement dans les  documents officiels, sur  les panneaux publicitaires et dans les médias ».

« La PAALAE ne peut manquer d’attirer l’attention sur un paradoxe. Au même  moment où on célèbre les langues nationales, ces dernières sont  piétinées  quotidiennement dans les  documents officiels, sur les panneaux publicitaires et dans les médias », souligne un communiqué que nous avons reçu ce dimanche 26 mars 2017.

La structure compte envoyer sa pétition « au président de la République, au président de l’Assemblée nationale, aux autres responsables d’institutions de la République, au patronat, à l’UNESCO BREDA et partout où besoin sera ».

Tout en saluant « les efforts des militants de l’alphabétisation » et en se réjouissant de l’attribution du Prix Confucius attribué par l’UNESCO au Sénégal, pour ses actions dans le cadre du Programme national d’éducation pour analphabètes adolescents et adultes à travers les TIC (technologies de l’information et de la communication), elle constate un « massacre de plus en plus massif contre des langues en général, africaines et sénégalaises en particulier ».

« A titre indicatif », la pétition relève les messages en langue nationale wolof inscrits à l’aéroport de Dakar Yoff et à l’hôtel King Fahd, sensés souhaiter bienvenue aux étrangers, et qui « se traduisent après lecture par des insultes, à savoir bienvenue aux esclaves ‘dalal jaam’ et ‘dalal diam’ ».

« Ce sabotage s’explique par le non-respect des règles de transcription préconisées par les linguistes et fixées par l’Etat. Nous sommes conscients des résultats néfastes de ce paradoxe entre les discours et les pratiques », souligne la PAALAE dans le texte disponible sur Internet (www.unepetition.fr/petition-Stopausabotagedeslanguesnationales).

Elle ajoute : « C’est pourquoi nous lançons la présente pétition dans le cadre d’une campagne intitulée : « Stop au sabotage des langues nationales ». Nous nous inscrivons dans la dynamique de la Déclaration de Barcelone 1996 concernant les droits linguistiques des peuples et dans le suivi de la Conférence Internationale sur l’Education des Adultes (Confintea V) en général, l’engagement des Etats Africains en particulier pour faire des langues africaines des instruments respectés, y compris dans l’administration ».

L’Association panafricaine pour l’alphabétisation et l’éducation des adultes interpelle « l’Etat,    le secteur privé, la société civile, les collectivités locales » et suggère, « dans l’immédiat, dans le cadre de la promotion des langues nationales : le retrait ou la correction des affiches fautives à l’aéroport de Dakar Yoff et à l’hôtel King Fahd ».

« Il faut rétablir dalal jàmm (Bienvenue donc à ceux et celles qui arrivent chez nous) au lieu de jaam ou diam, c’est-à-dire les esclaves ; qu’il y ait une commission nationale pour veiller à la transcription correcte (l’Etat et le secteur privé sont particulièrement concernés, car les ONGs et la société civile font correctement leur devoir) ».

Dans le communiqué qui accompagne la pétition, l’association soutient « toutes les initiatives pour l’hommage posthume à Mame Younouss Dieng, les initiatives d’hommage à Arame Fall Diop qui continue de se battre pour la promotion des langues nationales et aux précurseurs : Sembene Ousmane, Pathé Diagne, Assane Sylla,  Cheikh Anta Diop, Abdoulaye Wade, Saliou Kandji, etc. »

Elle insiste par ailleurs sur l’enjeu de l’alphabétisation pour la sécurité, la solidarité, la démocratie, le développement économique, l’épanouissement individuel et communautaire, relevant les vertus de l’approche multilingue, multimédia, multi script.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 26 mars 2017

Agenda/Culture – Semaine du 20 au 25 mars 2017

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Evénements, activités artistiques et culturels de la semaine du 20 au 25 mars 2017.

=== MARDI 21 MARS 2017

== 10 HEURES – Hôtel Le Djoloff, Fann-Hock, Dakar : atelier national de formation de formateurs aux techniques de négociations collectives et débats sur « égalité Homme/Femme » dans le secteur de la musique au Sénégal, sous l’égide de l’Association des métiers de la musique (AMS) et de la Fédération internationale des musiciens. Fin de l’atelier, le 24 mars.

==16H 30, Goethe Institut, Point E, Dakar : présentation du recueil de poèmes intitulé Damné en années du slameur Franck Mboumba Kemit. Souleymane Diamanka et Anne-Marie Bonané seront les invités de cette activité qui se terminera par une prestation acoustique live.

=== MERCREDI 22 MARS 2017

== 9 HEURES – UCAD II (Université Cheikh Anta Diop, Dakar : ouverture d’un colloque de trois jours sur le thème ‘’Médiations africaines dans la construction et la réappropriation d’un savoir ethnologique’’.

== 20H 30 – Institut français, Rue Joseph Gomis, Dakar : projection, au Théâtre de verdure, du film « Wùlu », en présence de son réalisateur malien Daouda Coulibaly. Cette œuvre était dans la sélection officielle de la 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO, 25 février-4 mars).

=== JEUDI 23 MARS 2017

== 17H 30 – Musée Théodore Monod de l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN), Place Soweto, Dakar : vernissage d’une exposition sur ‘’Art rupestre : de la contribution africaine à la découverte d’un patrimoine universel’’.

== 20H30 – Institut français, Rue Joseph Gomis, Dakar : concert d’Elage Diouf, dans le cadre de la Quinzaine de la Francophonie 2017 au Sénégal. Le spectacle est organisé par l’Ambassade du Canada au Sénégal et le Bureau du Québec à Dakar.

=== VENDREDI 24 MARS 2017

== 18 HEURES, Raw Material Company, Rue Sans-soleil, Zone B, Dakar : panel et débats sur l’engagement politique des jeunes, avec Hamidou Anne et Fadel Barro. « Les ‘influenceurs’ africains ne servent à rien : que les jeunes fassent de la politique ! ».

=== SAMEDI 25 MARS 2017

== 16 HEURES – Hôtel de ville et Gare ferroviaire, Méckhé : vernissage de l’exposition ‘’Dissoo’’ de l’artiste EL SY

== 16H 30 – Raw Material Company, Rue Sans-soleil, Zone B, Dakar : conférence-débat sur le thème : ‘’La représentation de la femme dans le cinéma sénégalais’’, dans le cadre du ‘’Mois du cinéma au féminin’’, organisée par l’Association sénégalaise de la critique cinématographique (ASCC). Débateurs : Maguèye Kassé, enseignant du département langues et civilisations germaniques de l’Université Cheikh Anta Diop, Fatou Kandé Senghor, cinéaste, photographe, Baba Diop, journaliste-critique de cinéma. Modération : Oumy Régina Sambou, journaliste.

== 19 HEURES, Cunimb Productions, Ouakam Cité Comico n°118, Dakar : l’Orchestra Baobab présente son nouvel album, Tribute To Ndiouga Dieng (World Circuit).

== 20H 30, Institut français, Rue Joseph Gomis, Dakar : Sahad Sarr et le Nataal Patchwork présentent leur album Jiw, au cours d’un  »spectacle inédit ».

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 20 mars 2017

 

FESPACO 2017/LETTRES DE OUAGA – Quatrième partie (4/4)

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Lors de la 25-ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO, 25 février-4 mars), nous avons partagé une chronique quotidienne, pour parler de la manifestation sous un regard décalé, permettant, nous l’espérons, d’en appréhender l’importance, les enjeux et les défis liés à son existence même.

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== Jour 7 — Fespaco : le fantasme des prix

Bonjour,

Etre primé ou non, telle est-elle la question ? Les discussions de couloir sur les chances de tel ou tel autre film en compétition à la 25-ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou sont révélatrices d’au moins deux choses : le grand public et même certains professionnels pensent que la qualité d’un film dépend du nombre de récompenses qu’il obtient ; c’est à partir de la décision d’un jury de décerner des distinctions qu’une œuvre est appelée à avoir une ‘’carrière’’ plus ou moins importante.

A Ouagadougou, comme ailleurs, dès le lancement du festival, l’on commence à épiloguer sur…le palmarès éventuel, surtout quand, comme en 2011 (Un homme qui crie de Mahamat Saleh Haroun), en 2015 (Timbuktu d’Abderrahmane Sissako) ou en 2017 (Félicité d’Alain Gomis), une réalisation arrive dans la capitale du Faso, précédée d’une ‘’réputation’’ qui en fait, à tort ou à raison, le ‘’favori’’ dans la course pour le prestigieux Etalon d’or de Yennenga.

Rien n’est plus incertain. Il n’y a en effet aucune garantie qu’un film primé dans un festival, aussi important soit-il, peut l’être tout autant dans une manifestation. Les contextes, les réalités sociopolitiques, l’environnement, ajoutés aux désidératas d’un jury, n’étant pas les mêmes.

Vraie ou fausse, la légende qui veut qu’il y a un ‘’lobbying’’ politico-diplomatique déterminant le lauréat du Grand Prix est tenace, traversant les éditions et alimentant parfois des méfiances et petites querelles entre réalisateurs. Elle est tenace, cette idée, mais je pense que c’est manquer de respect au jury, constitué très souvent de professionnels d’expérience, que de penser qu’il peut facilement se laisser influencer dans le sens voulu par un politique tapis quelque part.

Pour cette 25-ème du FESPACO, les rumeurs et pronostics vont bon train, mêlés à des considérations historiques, politiques, géopolitiques ou de genre. C’est ainsi que dans les médias burkinabè, l’idée que le tour du Burkina Faso doit revenir après…1997, année du dernier sacre d’un cinéaste de ce pays (Gaston Kaboré avec Buud yam). Les espoirs sont ainsi placés dans Frontières d’Appoline Traoré, qui aurait, selon certains cinéphiles et critiques, ‘’l’avantage’’ d’être…une femme. Il est vrai que le palmarès du Grand Prix du FESPACO, depuis l’institution d’une compétition, est encore exclusivement masculin.

Alors, les prix sont-ils la plus importante chose dans un festival ? Oui et non. Ça peut donner le sentiment au lauréat que son travail de dur labeur n’a pas été vain. Comme, s’il n’en a pas, ça peut le rendre philosophe quand il repensera à ce pourquoi il a décidé de s’exprimer par le biais d’un art. Si à la fin, on doit s’accrocher à des distinctions pour se sentir ‘’valable’’ et bon cinéaste, alors on n’a pas totalement compris qu’une œuvre est en soi un prix. Une récompense pour des années de travail et de sueur.

A demain

Ouagadougou, le 3 mars 2017

== Jour 8 — Fespaco : leçons d’une édition charnière

Bonjour,

Les rideaux sont tombés sur la 25-ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. La semaine a été intense, remplie de projections de films et de rencontres professionnelles au cours desquelles l’on constate que la passion du cinéma est tellement forte qu’elle fait oublier les nombreux problèmes d’organisation et incohérences d’une biennale qui va fêter son cinquantenaire en 2019.

C’est donc fini. Alain Gomis a remporté l’Etalon d’or du Yennenga pour son film Félicité, entrant ainsi dans l’histoire. Il est, après le Malien Souleymane Cissé (1979 avec Baara, et 1983 pour Finye), le deuxième cinéaste à remporter une deuxième fois ce prestigieux trophée, bien plus important que n’importe quel autre, quel que soit le festival qui le décerne. Il y a bien plus intéressant que ce fait statistique : le réalisateur sénégalais, 44 ans, tout en prolongeant une tradition filmique, s’inscrit dans une démarche offrant à voir un langage singulier éloigné des tendances à l’uniformisation notée dans plusieurs secteurs des arts. Le Malien Daouda Coulibaly, qui était en compétition pour l’Etalon d’or avec Wùlu, trace lui aussi un sillon novateur.

Plus globalement, en direction de ce cinquantenaire, il est intéressant d’esquisser un bilan de cette 25-ème édition, laquelle, à mon avis, porte les germes d’un tournant qui serait salutaire pour la plus grande manifestation cinématographique sur le continent. Ce sont ces petits éléments et signes qui donnent espoir que les lignes peuvent et doivent bouger pour le bien d’un secteur dont l’impact sur l’image et l’économie des pays africains doit être appréhendé avec plus de sérieux et de vision.

Il est d’abord heureux que les différents jurys de la compétition officielle aient remis au cœur du regard les dimensions artistiques et cinématographiques, avec des récompenses à des films techniquement bien réussis dans l’ensemble et faisant honneur au cinéma comme moyen de porter un point de vue lucide et critique sur soi et de transformation d’un réel pas toujours beau. Cette préoccupation est celle qui a admirablement guidé le choix du jury présidé par le Marocain Nour-Eddine Saïl sur Félicité, film dans lequel le traitement artistique est tout au service d’une idée d’un humanisme en mouvement

Deuxième point d’espérance : les riches débats sur la sélection des films en compétition du Fespaco qui ignore des œuvres de haute facture, un comité de sélection apparemment inexistant et une bureaucratie qui empêche l’efficacité espérée. Ces échanges sur les films qui méritent d’être montrés à la biennale de Ouagadougou existent depuis une vingtaine d’années, mais ils ont pris cette année une ampleur et une dimension qui augurent d’une prise de conscience. Reste maintenant à savoir si l’administration du festival va entendre le bruit de cette volonté de professionnalisation et d’efficacité dans les choix.

Troisième signe – et on revient à Alain Gomis – c’est la logique de production qui a permis la réalisation de Félicité : en plus du producteur sénégalais et de l’appui exceptionnel du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (FOPICA), des producteurs gabonais, libanais, belge, allemand et français ont contribué à la faisabilité de l’œuvre primée. L’avenir est dans la coproduction. Celle-ci, laissant une place importante à la participation des pouvoirs publics et contrairement à que l’on peut penser, donne une liberté et une indépendance permettant de faire entendre des sons de cloche venant de ce que Djibril Diop Mambety appelait ‘’les petites gens’’. Cela est important, parce que les traces d’humanité sont partout, ont la même dignité et méritent d’être vues et comprises.

A très bientôt,

Ouagadougou, le 5 mars 2017

PS : cette édition du Fespaco a été très riche pour moi. J’ai senti, à travers les posts quotidiens, presque le même lien qu’un artiste ayant produit une œuvre crée avec un public. Mais je repars de la capitale du Faso avec une frustration. Je n’ai pas pu voir certains de mes amis burkinabè avec qui j’entretiens des relations fortes tissées au fil de mes visites et de mes fréquentations de cette manifestation cinématographique, depuis 2003. Nous ne sommes restés en contact que par téléphone ou Facebook. Je sais, on ne peut pas tout avoir, mais savoir que l’on a des contacts sûrs dans une ville et ne pas avoir le temps de les voir autour d’un café, c’est frustrant. Mais je connais déjà la route…

Aboubacar Demba Cissokho