FESPACO 2017/LETTRES DE OUAGA – Deuxième partie (2/4)

Publié le Mis à jour le

Lors de la 25-ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO, 25 février-4 mars), nous avons partagé une chronique quotidienne, pour parler de la manifestation sous un regard décalé, permettant, nous l’espérons, d’en appréhender l’importance, les enjeux et les défis liés à son existence même.

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== Jour 3 — Fespaco : films, fête et bouffe non-stop !

Samedi dernier, en souhaitant la bienvenue aux festivaliers, le maire de Ouagadougou, Armand Béouindé, a buté sur une liste de propositions gastronomiques, ne s’arrêtant qu’au… poulet braisé. Il a fait sourire les spectateurs du stade municipal, qui auraient certainement aimé entendre l’édile ajouter poulet ‘’bicyclette’’, ‘’télévisé’’, ‘’flambé’’ ou ‘’sauté’’…

Le Fespaco, c’est d’abord le cinéma : projections de films, débats, rencontres professionnelles, etc. C’est un lieu unique de promotion du travail de création de centaines de personnes impliquées à différents niveaux de la machine. Il ne faut donc pas rater les séances dans les salles disséminées à différents endroits de la capitale du Faso. De 8 heures du matin (projection de presse aux cinés Burkina et Neerwaya) à minuit passé, les invités et cinéphiles ont donc le choix entre films en compétition ou non.

La vérité est qu’en plus de vivre tout ça, le festivalier soucieux de partir avec des souvenirs de la capitale du Burkina Faso ne peut chômer, ayant la possibilité, en plus de la vingtaine de projections quotidiennes, d’aller faire une dégustation à ciel ouvert et dans les restaurants et maquis de la gastronomie locale et diverses fêtes organisées ça et là.

Cette année d’ailleurs, les organisateurs ont donné à la dimension festive une ampleur jamais notée. Ils ont proposé à des endroits stratégiques de la ville (Avenue Kwame Nkrumah et siège du Fespaco notamment) des plateaux musicaux, pour permettre aux artistes de toutes les sensibilités de s’exprimer, de se faire connaître et de renforcer le côté populaire de la biennale du cinéma.

Du cinéma, de la musique. A manger aussi. Le choix varié de plats (Attiéké, Aloko, Kédjénou, Yaasa, riz gras, riz sauce…) n’a d’égal que le nombre incalculable de maquis et de restaurants qui rivalisent d’ingéniosité et d’astuces, du siège du Fespaco, à La Forêt, en passant par L’Eau vive, Le Coq bleu, Le Verdoyant, Le Festival… pour attirer une clientèle exigeante venue des quatre coins du monde.

Et si au bout de la nuit, vous n’avez pas encore trouvé de quoi manger, pas de souci. Le Taxi-Brousse est là pour vous satisfaire. Lieu incontournable de la non moins emblématique Avenue Kwame-Nkrumah, ce maquis est le lieu qui fonctionne toute la nuit. Il propose lui aussi de la musique, mais à boire et à manger au festivalier qui n’a pas voulu rater les dernières projections de soirée.

Taxi-Brousse, c’est aussi l’occasion pour journalistes en quête d’échanges avec des professionnels et cinéphiles à la recherche de stars, de satisfaire leur curiosité. Et c’est presque au petit matin que l’on quitte cet endroit pour aller choper une ou deux heures de sommeil avant de reprendre la route pour les salles. Oui, à 8 heures déjà, la ronde reprend. Comme un projecteur à l’ancienne, faisant tourner la pellicule, la roue tourne à Ouaga. Elle ne s’arrête vraiment qu’au lendemain de la clôture du Fespaco.

A demain

Ouagadougou, le 27 février 2017

== Jour 4 — Fespaco : un amour de cinéma

Je vous parlais, dans ma chronique d’hier –pour la conclure – de cette fièvre unique, quasi magique, qui s’empare de Ouagadougou à l’occasion du Festival panafricain du cinéma et de la télévision, offrant à la capitale du Faso le visage du centre du monde pour les amoureux du cinéma et des expressions artistiques et culturelles.

Ce mardi matin, j’ai été voir une nouvelle preuve de ces moments de découverte : un restaurant amoureusement dénommé ‘’Chez Tantie-propre’’, situé à quelques jets de pierre du ciné Burkina, un endroit que je fréquente régulièrement depuis que je suis venu pour la première fois ici, en 2003.

Paradoxalement, je ne connaissais pas cet endroit, caché il est vrai, qui m’a littéralement séduit par l’accueil qui m’y a été réservé et surtout par le menu – fait d’un tô bien chaud, cette pâte de maïs, de mil ou de sorgho accompagné d’une sauce et consommé avec la main. Sûr que j’y referai avec plaisir un tour pour recharger les batteries au réveil avant les longues journées du Fespaco.

Ne me taxez pas de gourmand, mais il me fallait dire avant de parler de ces ‘’petits’’ gestes et actes qui traduisent l’attachement du peuple burkinabè à cette manifestation dont il a été, il faut le rappeler, à l’origine de la création, en 1969.

Deux points pour illustrer cet engouement à nul autre pareil. La décision gouvernementale qui intervient à chaque édition, pour instaurer la ‘’journée continue’’, de 7h à 15h, et permettre aux agents de la Fonction publique de se libérer et d’aller voir les films au programme, tant il est vrai que les expressions artistiques constituent une nourriture nécessaire à l’équilibre humain.

Et ça marche, puisque les salles sont prises d’assaut dès 16 heures pour les projections de films inscrits en compétition, surtout, ou dans d’autres sections. C’est devenu une tradition et c’est un communiqué officiel qui l’annonce. Le plus intéressant c’est que, à la sortie des salles obscures, ça discute sérieusement des œuvres, lesquelles sont critiquées, commentées et analysées.

Le second point qui montre cet amour de cinéma est l’intérêt des élèves, collégiens et lycéens, pour les activités du festival. Il fallait voir la file qu’ils ont formée, ce mardi en milieu de matinée, devant la siège du Fespaco, pour aller s’y renseigner sur le programme, connaître l’histoire de la biennale, rencontrer des professionnels du cinéma africain et échanger avec eux…  Nul doute que la puissance de l’image comme moyen d’éveil et d’éducation aura un effet sur au moins une partie – espérons qu’elle sera importante – de ces adolescents appelés à affronter les défis qui se posent et se poseront à eux.

Mercredi matin, je retourne chez ‘’Tantie-propre’’ avant d’aller suivre la projection de presse de Félicité, du Sénégalais Alain Gomis, en compétition pour l’Etalon d’or de Yennenga. L’engouement noté autour de ce film avec les nombreuses demandes d’interviews pour le réalisateur et ses acteurs, devrait se traduire par un public conséquent, dès 8h. Mais surtout à 20h 30, pour sa première africaine. Tiens, à propos des films, je sais que vous attendez mes impressions et remarques sur eux. Ils méritent des billets que je prépare et partagerai avec plaisir.

Ouagadougou, le 28 février 2017

Aboubacar Demba Cissokho

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