Maroc/Festival national du film : le Grand Prix à Hakim Belabbes pour ‘’Pluie de sueur’’

Publié le Mis à jour le

Le réalisateur Hakim Belabbes a remporté le samedi 11 mars 2017 à Tanger (Maroc) le Grand Prix de la 18e édition du Festival national du film (FNF) pour son film Pluie de sueur. Retour sur cette édition ouverte la 3 mars, et qui s’est étalée sur une dizaine de jours.

FNF

Le film de Belabbes – d’une durée d’un peu plus de deux heures – raconte l’histoire de Mbarek, un paysan qui cultive son lopin de terre dans un village du Maroc profond. Ce bout de terre est, pour lui, sa femme son fils et son père malade, le seul moyen de subsistance, dans un contexte de sécheresse. Le jury présidé par l’écrivain marocain Fouad Laroui a consacré ce film « à l’unanimité ».

C’est la deuxième fois que Hakim Belabbes remporte la plus haute distinction de ce festival, après 2011. Cette année-là, il avait été primé pour Fragments, un documentaire autobiographique qui retrace les premiers pas du réalisateur, sa passion pour la photographie.

Le palmarès complet de la 18e édition du FNF (3-11 mars) :

COMPETITION DES LONGS-METRAGES : 

– Grand Prix : Pluie de sueur de Hakim Belabbes
– Prix spécial du jury : Headbang Lullaby d’Hicham Lasri
– Prix de la première œuvre : Le clair obscur de Khaoula Assebab Benomar
– Prix du scénario : Mohamed Bouzaggou pour son film Iperita
– Prix du premier rôle féminin : Fatima Ezzahra Bennacer dans Pluie de sueur de Hakim Belabbes
– Prix du premier rôle masculin : Aziz Hattab dans Headbang Lullaby de Hicham Lasri
– Prix du second rôle féminin : Sandya Tajdin dans La nuit ardente de Hamid Benani
– Prix du second rôle masculin : Ayoub Khalfaoui dans Pluie de sueur de Hakim Belabbes
– Prix de l’image : Luca Coassin pour Hayat de Raouf Sebbahi
– Prix du son : Karym Ronda pour A la recherche du pouvoir perdu de Mohamed Ahd Bensouda
– Prix du montage : Ivan Roiz pour Le voyage de Khadija de Tarik El Idrissi
– Prix de la musique originale : Mohamed Oussama pour Nouhe ne sait pas nager de Rachid El Ouali

Une mention spéciale a été décernée à Loubna El Younssi pour son documentaire Les miracles d’un serment.

COMPETITION DES COURTS-METRAGES :

– Grand Prix : Ima de Hicham Regragui
– Prix spécial du jury : Amal d’Aïda Senna
– Prix du scénario : Tikitat A’Soulima d’Ayoub Layoussifi

Le jury a décerné une mention à El Ghali Graimiche pour son film La route vers les vers.

Trente films en compétition

Cette édition du FNF avait mis en compétition trente films (15 courts-métrages et autant de longs), fruits de la production de l’année 2016. 9 des 15 longs-métrages (Pluie de sueur de Hakim Belabbes, Nouhe ne sait pas nager de Rachid El Ouali, Lhajjates de Mohamed Achaour, La nuit ardente de Hamid Benani, La main de Fadma d’Ahmed El Maanouni, Headbang Lullaby de Hicham Lasri, Hayat de Raouf Sebbahi, Addour d’Ahmed Baidou, et A la recherche du pouvoir perdu de Mohamed Ahd Bensouda) ont bénéficié de la subvention du Fonds d’aide (avance sur recettes), tandis que cinq autres étaient les premières œuvres du genre pour leurs auteurs (My Name Is Adil d’Adil Azzab, Les miracles d’un serment de Loubna El Younssi, Le milliard de Mohamed Raid El Meftahi, Le clair obscur de Khaoula Assebab Benomar et Iperita de Mohamed Bouzaggou)

Le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale de la Femme, tous les films projetés au Cinéma Roxy sont l’œuvre de réalisatrices : les courts-métrages ‘’Derrière le mur’’ (Karima Zoubir) et ‘’Amal’’ (Aïda Senna) ainsi que les longs ‘’Le clair obscur’’ (Khaoula Assebab Benamar) et ‘’Les miracles d’un serment’’ Loubna El Younssi).

Cette édition du FNF s’était ouverte par une table ronde sur ‘’la reconquête du public, un enjeu national », proposée par la Chambre marocaine des producteurs de films. Une seconde, organisée dimanche par la même structure, a porté sur ‘’le cinéma et la région’’.

Vers le lancement d’un Fonds d’aide africain

Le Centre cinématographique marocain (CCM) mène « une réflexion » pour la mise en place, « d’ici le mois de septembre », d’un ‘’Fonds d’aide africain’’, destiné à renforcer la coopération du Maroc avec les autres pays du continent. « Il y a une réflexion au CCM pour créer un Fonds d’aide africain sur lequel les cinéastes marocains peuvent participer dans le cadre de la coproduction. Nous espérons le lancer d’ici le mois de septembre », a dit Sarim Fassi Fihri, le 11 mars, lors de la conférence de presse de présentation du bilan cinématographie de l’année 2016.

« Ce fonds est destiné aux pays africains et nous envisageons de le faire financer par les opérateurs économiques marocains qui travaillent sur le continent », a-t-il précisé, sans donner de détails sur le montant de l’enveloppe. Pour lui, « il s’agit de renforcer la coopération africaine du Maroc qui existe depuis pas mal de temps et qui gagnerait à être renforcée ». Il n’y a pas eu de coproduction entre le Maroc et un autre pays africain ces deux dernières années, alors qu’entre 2003 et 2013, une trentaine de films ont été coproduits.

Productions marocaines : un budget de 31 millions d’euros en 2016

Le bilan publié par le Centre cinématographique marocain (CCM), à l’occasion de la 18-ème édition du Festival national du film, indique que le budget des productions marocaines, pour l’année 2016, s’élève à 314 millions 857 mille 123 dirhams (environ 31 millions d’euros). Ces chiffres sont répartis entre 24 longs-métrages, 32 séries télévisées, 23 téléfilms, 125 spots publicitaires et 16 docu-fictions, précise le CCM dans un document de 97 pages.

« Les budgets des courts-métrages et moyens-métrages ‘’ne sont pas pris en compte car il ne s’agit que de budgets déclarés par le producteur sur le formulaire de demande d’autorisation de tournage », signale la même source.

Par ailleurs le budget investi au Maroc par les productions étrangères s’élève à un montant d’environ 28 millions d’euros (280 millions de dirhams), un poste qui avait atteint, en 2013, 123 millions d’euros. Le bilan de l’année 2016 fait état de 1354 autorisations de tournage accordées (641 marocaines et 713 étrangères), 394 œuvres enregistrées au registre public de la cinématographique marocaine, de 314 cartes professionnelles octroyées (sur 439 demandes traitées).

Lors de la traditionnelle conférence de presse sur le bilan, le 11 mars, le directeur général de la structure, Sarim Fassi Fihri, a dit que le chiffre d’affaires déclaré du secteur cinématographique et de la production audiovisuelle ‘’avoisine 700 millions de dirhams’’ (environ 70 millions d’euros).

« Les films produits sans le concours du Fonds d’aide ainsi que les festivals non subventionnés ne sont pas pris en compte. Il serait alors juste d’estimer la +valeur+ du secteur autour du milliard de dirhams. Nous sommes donc bien dans une activité culturelle qui a un caractère économique certain, créateur d’emplois et qui contribue également à l’image du Maroc à l’étranger », souligne M. Fihri dans l’éditorial sur le bilan.

En 2016, indique le document, le film marocain a été représenté dans 94 festivals et manifestations cinématographiques dans 45 pays, la fréquentation des salles a baissé de 17%.

Aboubacar Demba Cissokho

Tanger, le 12 mars 2017

 

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