Mohamed Mouftakir : « Un bon court-métrage, c’est celui qui me raconte une situation »

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Le court-métrage n’est pas déterminé par la durée, mais par sa conception qui lui fait raconter une situation précise, estime le scénariste et réalisateur marocain Mohamed Mouftakir, soulignant que dire une histoire à travers ce genre est secondaire.

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« Le court-métrage n’est pas déterminé par la durée. La leçon que j’ai apprise du cinéma est que le court-métrage ne doit pas forcément raconter une histoire. Je pense qu’un bon court-métrage c’est celui qui me raconte une situation », avait-il soutenu dans une Leçon de cinéma, donnée en clôture de la 12-ème édition du Festival du court-métrage méditerranéen de Tanger (13-18 octobre 2014).

Pour lui, le court-métrage est défini par sa conception. « Souvent, explique-t-il, on fait la démarche de la fabrication d’un long-métrage. Et souvent, le spectateur est frustré. Il se sent mal à l’aise, parce que la conception du projet est celle d’un long-métrage réduit et compressé dans une durée temporelle. C’est ça qui nuit au court-métrage. »

Dans son analyse de la différence entre court et long-métrage, Mouftakir, auteur de quatre courts-métrages, a souligné que l’écriture d’une histoire implique un ou des personnages qu’il faut connaître. Il a ajouté : « Qui dit connaître le personnage, dit lui poser un problème. Il va entrer dans une péripétie, une descente aux enfers, etc. Ça c’est une démarche du long. Moi je pense qu’un bon court-métrage c’est celui qui me raconte une situation. Il commence au bon moment, finit au bon moment et pique là où il faut. »

Mohamed Mouftakir a ensuite donné un exemple : « Quelqu’un qui veut s’asseoir sur une chaise, il dit : ‘si je m’assoie sur cette chaise, je vais mourir’. Pour moi, voilà une idée de court-métrage. Qu’est-ce qu’il va faire ? Peu importe la durée. Je peux le traiter en deux, trois, en quatre, en trente minutes, mais que ça soit la situation ».

Le réalisateur a relevé que le court-métrage est un genre qui demande une écriture différente, un scénario tout à fait différent, depuis sa conception jusqu’à son élaboration. Il a dit avoir appris à être court aussi bien dans la durée que dans la conception : « J’ai appris à aller à l’essentiel dans la trame narrative que je construis. Je commence là où il faut commencer, je mets en crise la situation, pas le personnage, et je la fais chuter comme il faut, tout en restant logique ».

Mohamed Mouftakir, 49 ans, est une figure de proue de la génération de réalisateurs marocains ayant émergé au début des années 2000. Il a réalisé quatre courts-métrages, L’ombre de la mort (2003), La danse du fœtus (2005), Fin de mois (2007), Chant funèbre (2008). Son deuxième long-métrage, Pégase, sorti en 2010, a remporté de nombreux prix à travers le monde, dont l’Etalon d’or de Yennenga, grand prix au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), en 2011.

Aboubacar Demba Cissokho

Tanger, le 21 octobre 2014

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