Nelson Mandela : « La cellule est un lieu parfait pour apprendre à se connaître »

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L’icône de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela (1918-2013), qui a passé plus de 27 ans en détention avant de devenir le premier président de l’Afrique du Sud démocratique (1994-1999), parle de la prison.  

NM

« La cellule est un lieu parfait pour apprendre à se connaître et pour étudier en permanence et dans le détail le fonctionnement de son esprit et de ses émotions », écrit Mandela dans l’extrait d’une lettre à Winnie Mandela depuis la prison de Kroonstad, le 1-er février 1975, citée dans son livre Conversations avec moi-même (Edition de La Martinière, 2010).

« Les individus que nous sommes ont tendance à juger leur réussite à l’aune de critères extérieurs, tels que la position sociale, l’influence, la popularité, la richesse ou le niveau d’éducation », dit-il à son épouse d’alors, ajoutant : « Ce sont bien sûr des notions importantes pour mesurer sa réussite – et on comprend que beaucoup tentent d’obtenir le meilleur d’eux-mêmes sur ces points. Mais d’autres critères intérieurs sont peut-être plus importants pour juger de l’accomplissement d’un homme ou d’une femme, souligne l’homme politique ». 

Pour Mandela, « l’honnêteté, la sincérité, la simplicité, l’humilité, la générosité, l’absence de vanité, la capacité à servir les autres – qualités à la portée de toutes les âmes – sont les véritables fondations de notre vie spirituelle ».

Mais cette réussite-là, explique-t-il, n’est pas accessible sans un travail d’introspection véritable et une connaissance de ses forces et de ses faiblesses. « La détention a au moins le mérite d’offrir une bonne occasion pour travailler sur sa propre conduite, corriger le mauvais et développer le bon que l’on porte tous en soi, précise l’homme politique, suggérant parmi les actions pouvant être utile à cela, la pratique régulière de la méditation, disons un quart d’heure chaque jour avant de se coucher ».

Nelson Mandela ajoute, dans sa lettre à Winnie : « Il est possible que dans un premier temps tu aies du mal à identifier les éléments négatifs de ta vie, mais tu seras récompensée si tu en fais l’effort régulier. N’oublie pas qu’un saint est un pécheur qui cherche à s’améliorer ». Il raconte à Frieda Matthews, dans une lettre qu’il lui a adressée le 25 février 1987, que pour un prisonnier, toute visite a une importance difficile à expliquer par des mots.

Il lui dit : « La routine est la loi suprême de la prison dans pratiquement tous les pays du monde, et chaque jour est à tous points de vue semblable à celui qui l’a précédé : même environnement, mêmes visages, mêmes dialogues, mêmes odeurs, mêmes murs s’élevant vers le ciel, et même sentiment omniprésent qu’en dehors de la prison existe un monde passionnant auquel tu n’as pas accès ».

Selon Mandela, une visite de ceux qu’on aime, d’amis et même d’étrangers est toujours un événement inoubliable, car elle brise cette monotonie frustrante et c’est le monde entier qui déferle littéralement dans la cellule.

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 5 août 2016

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