Identité consolidée pour le Festival du cinéma africain de Khouribga

Publié le Mis à jour le

La 19-ème édition du Festival du cinéma africain de Khouribga (16-23 juillet 2016) a définitivement consacré l’identité d’une manifestation culturelle dont l’objectif est d’être le lieu d’expression d’un point de vue critique sur le continent et sur le monde et de dialogue entre différentes régions de l’Afrique.

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Avec le colloque sur ‘’scénario et cinématographies africaines’’, les festivaliers ont échangé avec des cinéastes sur cette importante phase qu’est, pour la réalisation d’un film, le scénario. Ça a aussi été le lieu de témoigner du respect dû à ceux qui confectionnent le film dès le début, écrivent, corrigent, réalisent et supervisent le montage.

Khouribga 2016 a ainsi réaffirmé ce souci, pour les cinéastes, de montrer une Afrique ayant son mot à dire, selon ses références et son histoire propres. Les quinze films sélectionnés pour la compétition officielle en ont été le reflet. Dans sa programmation, le festival a donné à voir une belle palette de films venant de douze pays et reflétant une diversité tant dans les approches que dans les thématiques touchant à la vie d’un continent et aux luttes quotidiennes qui y ont cours.

Du film A Mile I My Shoes, premier long-métrage du Marocain Saïd Khallaf qui, sans prétention apparente, décrit, à travers l’histoire d’un jeune de la rue, le chaos et la misère d’une ville, à Mona du Nigérian Anthony Abuah, excellente fiction sur le soutien – peu connu – que l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a apporté au Portugal dans sa guerre contre les mouvements de libération en Afrique dite lusophone, en passant par Fille de sa mère coréalisé par les Burkinabè Carine Bado et Serge Armel Sawadogo, qui s’interrogent sur les mutations des relations père-enfant…

L’histoire, la mémoire, l’amour, thèmes récurrents s’il en est, mais abordés ici avec un regard posé sur un vécu et à des valeurs humanistes. Avec, dans nombre de films proposés, des plans de paysages magnifiques, comme dans La lune est tombée du Guinéen Gahité Fofana, Lamb de l’Ethiopien Yared Zeleke, Things of the Aimless Wanderer, du Rwanda Kivu Ruhorahoza.

Ces œuvres qui, depuis 1977, ont façonné l’identité du Festival du cinéma africain de Khouribga, sont accompagnées de débats au lendemain de leur projection. Mais le lieu qui symbolise le mieux cette vocation à réfléchir à la fois sur le processus de fabrication des films reste les ‘’débats de minuit’’, à l’occasion desquels des questions théoriques sont discutées sur la base de films visionnés.

Pour cette 19-ème édition, il était question d’échanger sur la métaphore, le plan-séquence et le scénario. Au menu des ‘’veillées’’, quatre films de haute facture : Nostalgie de la lumière du Chilien Patricio Guzmán, La mort aux trousses de l’Américain Alfred Hitchcock, Victoria de l’Allemand Stephan Schipper et To Be Or Not To Be, de l’Américain Ernst Lubitsch. Commentaires et appréciations diverses ont meublé ces soirées qui ne prenaient fin qu’au milieu de la nuit.

Les ateliers de formation à divers métiers (direction de la photographie, réalisation cinématographique, montage numérique, écriture de scénario) et les hommages à Tahar Cheriaa – décédé en 2010 – et Abdelkrim Mohamed Derkaoui et au cinéma discret et riche cinéma éthiopien ont rendu exceptionnel cette 19-ème édition du Festival du cinéma africain de Khouribga.

Et parce que la manifestation s’améliore et s’enrichit d’édition en édition, on peut croire à la déclaration du président de la Fondation du Festival du cinéma africain de Khouribga, Nour-Eddine Sail, qui a annoncé samedi une ‘’édition grande’’ pour le quarantième anniversaire en 2017.

Aboubacar Demba Cissokho

Khouribga, le 25 juillet 2016

 

 

 

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