Sénégal-Zimbabwe, Jules-François Bocandé, ‘’Caire ’86’’…

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Il y a trente ans, le 1-er septembre 1985, l’équipe nationale de football du Sénégal battait celle du Zimbabwe, sur le score de trois buts à zéro (3-0), au stade Demba Diop. Les trois buts du match ont été marqués par Jules-François Bocandé (1958-2012). Et grâce à cette victoire, les Lions gagnaient le droit de disputer la Coupe d’Afrique des nations (‘’Caire 86’’), la première depuis… ‘’Asmara 68’’.

Bocandé

Jules-François Bocandé, au cours du match Sénégal-Mozambique, premier tour de  »Caire ’86 »

Ce match des Lions – le premier que j’ai vu à la télévision (à Tambacounda, ma ville natale) – marquait, pour moi et pour beaucoup de Sénégalais de ma génération, la naissance de la première star du football sénégalais, au sens où Bocandé était devenu, depuis ce jour, le joueur dont les moindres déclarations, faits et gestes étaient suivis, disséqués et commentés dans les chaumières, cabarets et autres ‘’grand-places’’.

A la fin de la saison 1985-86, il est meilleur du championnat de France de Division 1 (23 buts pour le FC Metz). Il signe en 1986 au Paris Saint-Germain, pour un salaire mensuel de 500.000 francs français (25 millions de francs CFA)… Il ne passe qu’une saison au PSG, parce qu’en grande partie, les deux Yougoslaves du club, Safet Susic et Vahid Halilhodžić, ne voulaient pas jouer avec lui. Il n’a pas eu la carrière à la hauteur de son talent, terminant son parcours, en 1993, dans un modeste club belge (Alost) après être passé par Nice et Lens.

Bocandé, le banni d’une époque, marquait donc, le 1-er septembre 1985, de manière tonitruante son retour en équipe nationale. Il était le plus en vue d’un groupe qui ne manquait pas de joueurs de talent : Thierno Youm, Cheikh Seck, Roger Mendy, Mamadou Teuw, Racine Kane, Boubacar Sarr ‘’Locotte’’, Oumar Guèye Sène, Christophe Sagna, Oumar Touré, Pape Fall, Joseph Koto, Moussa Diop ‘’Quenum’’… Cette équipe de rêve n’avait pas gagné la CAN. Et c’est parce qu’elle avait suscité tellement d’espoir, de mobilisation – les écoliers du Sénégal avaient été invités à cotiser 10 francs CFA pour financer la campagne – qu’après son élimination dès le premier tour, on avait parlé du « traumatisme de Caire ‘86 ».

Depuis, les campagnes se suivent et se ressemblent. On a bien failli gagner le trophée en 2002, au Mali. A quatre jours d’une confrontation Namibie-Sénégal, dans la cadre des éliminatoires de la CAN 2017, il nous semblait important de faire ce rappel…

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 1-er septembre 2015

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