‘’Une femme pas comme les autres’’ : les limites objectives d’une audace artistique

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Le long métrage ‘’Une femme pas comme les autres’’, du Burkinabé Abdoulaye Dao, est un film plein d’humour dans lequel le réalisateur, à partir d’un thème ordinaire, la polygamie, se prend à rêver d’une situation où c’est la femme qui aurait la possibilité de choisir un coépoux à son mari.

Abdoulaye Dao

Trompée dans son propre lit conjugal par un homme avec qui elle vit depuis sept ans, Mina (Georgette Paré), dirigeante d’entreprise prospère, n’a trouvé d’autre moyen que de se taper un deuxième mari, dans une société où la polygamie ne suscite aucun signe de réprobation.

L’objectif est double dans sa tête : « punir » son mari qui l’a trompée avec la femme du voisin d’en face et inverser les rôles en faisant de la femme celle qui a deux conjoints. Même si la polyandrie a existé et existe encore dans certaines sociétés, l’entreprise ne manque pas d’audace dans un milieu encore machiste qui, au nom des coutumes et des traditions, ne conçoit cette option que pour l’homme.

Le film ne peut pas être analysé comme une histoire sérieuse. Il est quelque peu détaché de l’actualité sociopolitique ambiante, faisant penser que l’on contrôle suffisamment les problèmes de la vie quotidienne pour penser s’évader dans un rêve à la fois risqué et audacieux.

Serge Henry (Dominique), comédien d’expérience et de talent, est très bon dans son jeu. Ses tics renseignent sur ses angoisses, ses états d’âme. Georgette Paré (Mina), elle, est bien canalisée dans son rôle de femme trompée, restée digne pour contre-attaquer. L’humour qui secoue, aide les gens à dépasser les traumatismes de la vie quotidienne et à trouver des solutions à des situations causasses. Dans le cas de ce film d’Abdoulaye Dao, il est utilisé comme moyen de faire bouger des lignes d’un imaginaire…

’’Une femme pas comme les autres’’ traite de l’institution du mariage, de l’infidélité. C’est original au début, avec cette femme qui paraît sûre d’elle, mais à la fin la solution singulière de ’’faire le boucan’’ en se trouvant un deuxième mari. On peut reprocher au réalisateur de n’être pas allé au bout de sa logique audacieuse. Le premier mari, ne pouvant plus supporter la présence de son coépoux, décide de faire parler son orgueil de « mâle dominant » et de partir. Et la femme, qui n’a agi comme elle l’a fait que pour « punir » le mari, est sûre que celui-ci reviendra. Preuve qu’elle-même n’est pas préparée à cette « révolution » qu’elle veut installer.

Aboubacar Demba Cissokho

Khouribga, le 16 juillet 2010

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