Dans la fraicheur de la nuit dakaroise, Bono apprend à la source africaine

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Bono

Un vent frais souffle sur la terrasse du domicile dakarois de l’artiste-chanteur sénégalais Baaba Maal. Mardi 9 mars 2010, au soir, le chanteur et guitariste du groupe de rock U2, Bono, était l’invité d’un Hiirde (soirée) spécial, occasion pour lui de voir à l’œuvre des artistes, passeurs d’une riche et longue tradition artistique.

Le regard intéressé, murmurant des mots et appréciant la musique par des applaudissements, Bono suit avec une certaine passion le spectacle qu’offrent devant lui Baaba Maal, Mamy Kanouté et Aïda Samb (voix), Mansour Seck (voix et guitare), Mama Gaye (guitare), Sifo Kanouté (kora et balafon), Barou Sall (hoddu).

Pour l’occasion, les musiciens servent à leurs invités (hommes d’affaires, producteurs de films, artistes, journalistes, etc.) de belles sonorités acoustiques et des mélodies puisées dans le patrimoine culturel ouest-africain : ‘’Soundjata’’, ‘’Malisadio’’, ‘’Conakry’’, ‘’Jaraby’’, ‘’Keme Burama’’, ‘’Samba Gelaajegi’’, ‘’Mamaya’’.

Baaba Maal, Mamy Kanouté, Aïda Samb, dans des envolées lyriques qui emportent la satisfaction du public, enchantent aussi Bono, venu, comme il l’a dit, « écouter et apprendre au contact de musiciens qui transmettent, dans toute son authenticité, l’âme de la culture africaine ».

La star du groupe U2, connue par ailleurs pour ses engagements dans le domaine humanitaire, relève que le Nord n’écoute pas assez le Sud. « Je suis fan de Baaba Maal et de ce qu’il fait depuis longtemps, dit-il. Il a amené, avec d’autres, la musique africaine dans le monde. » Il ajoute : « Je suis là pour écouter, pour apprendre, parce que j’estime nous pouvons tirer beaucoup de leçons du contact avec l’autre ».

Pour Baaba Maal, « c’est juste une façon, à l’africaine, de souhaiter la bienvenue à des hôtes qu’on respecte ». « Ce que vous voyez ici reflète une partie de ce que le continent africain a de plus précieux, et qu’il estime devoir porter au reste du monde pour des relations saines. Ça vient du cœur, des profondeurs du continent », dit-il à ses invités.

De fait, Bono, en toute humilité, se présente en musicien studieux, et écoute presque religieusement les notes de kora, de guitare et autre hoddu. Pour lui, « c’est une très bonne chose de rester étudiant, surtout dans le domaine artistique ».

« C’est très bien de passer du bon temps avec de jeunes musiciens aussi talentueux, de les entendre nous dire des histoires, se réjouit le chanteur. Ça nous aide à nous renouveler. L’écoute de l’autre apporte toujours un plus, on apprend toujours. » La star a fait le tour du monde, rencontré plein de monde, mais les spectacles comme celui auquel il a assisté mardi soir, sont « toujours une expérience enrichissante, aux plans humain et artistique ».

N’étant pas conteur, il est intéressé par les légendes, les histoires que font passer les griots et les musiciens africains. « Ces moments sont importants, ils inspirent. Ça favorise le dialogue et la compréhension entre les peuples. Je ne comprends pas ce qu’ils disent, mais ce n’est pas le plus important. Ils parlent à nos cœurs. » « Cette musique, poursuit le musicien, a toujours existé et existera toujours. La façon de la dire peut varier, mais reste belle et pleine de sens. »

Aboubacar Demba Cissokho

Dakar, le 10 mars 2010

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